Malgré une stagnation en France, le groupe nordiste se développe à l’étranger. Il vise des pays où la consommation décolle et met un point d’honneur à se classer parmi les moins chers.
Croissance zéro. Ainsi peut se résumer l’activité du groupe Auchan en France en 2004. Selon Xavier de Mézerac, directeur financier du distributeur nordiste, les ventes de ses hypermarchés hexagonaux n’ont progressé « que de 0,2 % hors essence, surtout à cause de la baisse des prix de septembre ». Quant aux supermarchés Atac, ils ont carrément subi « une baisse de leur chiffre d’affaires. » Les hypermarchés représentent 79 % du chiffre d’affaires de l’entreprise ; à l’intérieur de cette division, 62 % des ventes ont lieu en France.
En se déplaçant vers la case discount, Auchan a réussi à faire progresser le nombre de ses clients. Mais le panier moyen a baissé et, si l’on prend en compte l’inflation, le CA français du distributeur a diminué.
Outre les accords Sarkozy, Auchan attribue ses difficultés françaises à la stagnation de la consommation et à la concurrence du hard-discount. Le rapport annuel du groupe fait également état d’une consommation « atone » ou « en recul » en Espagne, au Portugal, en Pologne, en Hongrie et au Luxembourg.
Auchan profite en revanche du dynamisme de plusieurs pays émergents. La demande chinoise a permis l’ouverture de quatre hypers, tandis que le positionnement discount réussi des enseignes Marjane et Acima permettait également de nouvelles implantations au Maroc. Fort de ses six hypermarchés en Russie, le groupe y prépare la lancement de la chaîne de supermarchés Atak en 2005.
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Baisses de prix et rayons de vrac
En Italie, Auchan a fortement élargi son parc en rachetant à Ifil (la holding de la famille Agnelli) les 50 % de la partie alimentaire du distributeur La Rinascente qu’il ne possédait pas encore. Dans la corbeille, l’intégration de 39 hypermarchés et 1 364 supermarchés (dont 505 franchisés et 648 associés). L’investissement se solde par un endettement plus lourd pour le français, à hauteur de 71 % de ses fonds propres au lieu de 50 % en 2003. Auchan a immédiatement imposé à ses magasins italiens un mouvement vers le discount, au moyen de baisses de prix et d’ouvertures de rayons de vrac.
Sur l’année 2004, le distributeur fait ainsi progresser son chiffre d’affaires global de 4,7% à périmètre comparable. Les ventes globales ont atteint 30 milliards d’euros. La marge commerciale passe de 22,9 à 22,6 % du CA et l’excédent brut d’exploitation après participation des salariés s’établit à 1,9 milliard d’euros, en modeste hausse de 1 %. Le résultat net chute de 17,2 %, même si les deux tiers de ce recul proviennent d’une baisse du résultat exceptionnel. En 2003, Auchan avait réintégré 78 millions d’euros de provisions pour contrôle fiscal devenues inutiles.
Le groupe de Roubaix contrôle désormais 346 hypermarchés (dont 309 consolidés), 631 supermarchés, 297 centres commerciaux et le réseau bancaire Accord dans 12 pays. La politique d’ouvertures annoncée pour les mois à venir se fonde essentiellement sur la croissance interne. La publication des résultats d’Auchan coïncide avec la mise en place d’une nouvelle structure de direction qui vise à donner plus de liberté aux magasins (cf. Agra Alimentation n°1881 du 21 avril 2005, p. 42).
L’agence de notation Standard and Poor’s a maintenu ses notes A et A-1 en saluant « les parts de marché solidement établies d’Auchan en France et en Europe ainsi qu’une gestion financière prudente ». Xavier de Mézerac « ne s’attend pas à une remontée des marges en 2005 » et prévoit une situation analogue à l’année précédente, notamment en France.