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Fruits et légumes Aucune dérogation ministérielle sur le Diphénylamine ne sera délivrée

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Dès lors que des techniques alternatives à l’utilisation de la diphénylamine (DPA) sont applicables en France, aucune autorisation de mise sur le marché dérogatoire ne peut être délivrée, a indiqué le 25 septembre le ministère de l’Agriculture.

Point mort. Faute de dérogation ministérielle, les producteurs de pommes et de poires français ne pourront pas cette année utiliser de traitement à base de diphénylamine (DPA), cette molécule fongicide efficace contre l’échaudure des fruits. C’est la réponse écrite faite le 25 septembre par le ministère de l’Agriculture au député FN, Gilbert Collard. Le ministère se justifie : il existe selon lui des techniques alternatives, applicables en France. Seulement, reconnaît d’ailleurs le ministère, elles sont plus coûteuses. Et les producteurs de fruits ajoutent qu’elles sont difficilement utilisables, voire inutilisables pour certaines variétés, et rarement compatibles techniquement avec les stations de conditionnement où sont conservées pommes et poires. C’est pourquoi ils insistent pour obtenir, à l’instar de leurs voisins européens comme le Portugal récemment, des dérogations limitées, comme ils avaient obtenu l’an passé. Mais le ministère est formel : il rappelle que les instances européennes ont décidé le 29 juin dernier de ne pas approuver la DPA dans le cadre de la nouvelle législation relatives aux substances phytopharmaceutiques, faute d’avoir pu évaluer le risque cancérigène du métabolite et exclure ainsi tout risque pour le consommateur.
 
Le « biais de concurrence » persiste
Dans le doute, le ministère ainsi s’abstient côté français : « Aucune autorisation de mise sur le marché dérogatoire ne peut être délivrée ». Il reconnaît cependant la distorsion de concurrence, dans cette situation, non pas avec les pays européens mais avec les pays tiers. « Afin de protéger le consommateur et de placer les producteurs de fruits sur un pied d’égalité (...), les autorités françaises ont demandé à la Commission une révision immédiate des limites maximales de résidus applicables à la diphénylamine dans les pommes et les poires », indique le ministère de l’Agriculture qui estime que le maintien des limites maximales de résidus au niveau actuellement applicable à la DPA « ne permet pas, en effet, de garantir que la DPA ne sera pas employée, en particulier dans les pays tiers et introduit ainsi un biais de concurrence entre les producteurs européens et ceux des pays tiers ». Entre les producteurs européens aussi.
Le dossier n’est ainsi toujours pas tranché. Les producteurs français sont soumis à un principe de précaution auquel certains pays voisins et pays tiers ne sont pas contraints. Le but n’est donc pas atteint : non seulement les consommateurs français ne sont pas protégés contre une molécule susceptible d’être dangereuse, mais en outre, cette posture française et européenne instaure des distorsions de concurrence. N’est-ce pas là que commence la perte de compétitivité?

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