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Phytosanitaires Augmentation des signalements d’intoxication

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Les signalements d’intoxication par des produits phyotosanitaires sont en hausse, selon les chiffres récents fournis par la MSA, via son centre d’appel « Phyt’Attitude ». Les céréales sont les cultures où les signalements d’accidents sont les plus nombreux (33 %), soit une hausse de 17% par rapport à 2002-2003. Parallèlement, la MSA poursuit ses enquêtes sur le lien entre phytosanitaires et maladies.

«Les signalements d’intoxication par produits phytosanitaires sont en hausse», a déclaré le 30 mars Pierre-Jean Lancry, directeur de la Santé à la MSA, en se basant sur des chiffres récents. Selon la Mutualité sociale agricole, le numéro vert «Phyt’Attitude » (0 800 887 887) a enregistré 319 dossiers de signalements d’agriculteurs dont 183 pour l’année 2004 et 136 pour le premier semestre 2005 (derniers chiffres publiés à ce jour). 48 % des signalements émanent spontanément des victimes (soit 17 % de plus qu’en 2002-2003) et 43 % proviennent des exploitants (soit 30 % de plus). La majorité des signalements concernent les insecticides (35 %), les fongicides (27 %) et les herbicides (27 %). Les céréales sont les cultures où les signalements d’accidents sont les plus nombreux (33 %), soit une hausse de 17 % par rapport à 2002-2003. La MSA révèle que 7 % des intoxications se font de manière passive, c’est-à-dire pour 80 % dues à des interventions sur culture après traitement et 20 % dues à des interventions à proximité d’un traitement en cours.

« Contre-pouvoir »

Avec « Phyt’Attitude », la MSA entend clairement exercer un «contre-pouvoir» sur les firmes agropharmaceutiques et « influer directement sur les pouvoirs publics afin de faire évoluer les produits et leurs réglementations ». Elle se félicite d’avoir pu faire apposer (en tout petit) le logo et le numéro de « Phyt’Attitude » depuis 2006 sur les nouveaux emballages de phytosanitaires et d’avoir fait pression pour retirer du marché et des exploitations l’arsenite de soude. Quant à la question de la participation financière des entreprises d’agrofournitures aux campagnes de prévention et de sensibilisation, plutôt que le régime social agricole uniquement, Pierre-Jean Lancry reste très prudent. « Elles participent déjà indirectement par l’intermédiaire de la TGAP (ndlr : Taxe générale sur les activités polluantes) », souligne-t-il.

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Sensibilisation et études

Parallèlement, la MSA poursuit ses actions de conseil et de prévention, notamment auprès des applicateurs de phytosanitaires : les agriculteurs. Formations, sensibilisations, aides à la conception des installations de stockage et création de supports de vulgarisation sont mises en place par les caisses régionales. Si elle constate une hausse des préoccupations et de la sensibilisation des agriculteurs sur les conséquences de l’utilisation, la MSA reconnaît ne pas pouvoir quantifier réellement les changements d’habitudes des utilisateurs. La MSA mène également plusieurs études sur les conséquences, sur la santé, de l’utilisation des produits phytosanitaires. «Partage» vient d’être lancée en février sur la maladie de Parkinson en milieu agricole. L’enquête porte sur 420 cas et 840 témoins dans quatre départements. Agrican, lancée fin 2005, vise à préciser le lien entre pesticides et cancers. 570 000 questionnaires on été envoyés dans 12 départements. Selon la MSA, il s’agira de la plus grande cohorte jamais réalisée sur ce type d’enquête. Les premiers résultats de ces deux études ne sont pas attendus avant 2008-2009.