Abonné

Boissons > Avec Brau & Brunnen, Oetker devient le leader de la bière en Allemagne

- - 3 min

Le groupe allemand Oetker acquiert auprès de la banque HypoVereinsbank sa participation de 61,73 % dans le brasseur Brau und Brunnen. Il se propulse à la première place sur le marché allemand, devant le belge Interbrew.

Le groupe alimentaire allemand Oetker prend, pour un montant de 220 millions d’euros, le contrôle de Brau und Brunnen à Dortmund, qui avec 7,2 millions d’hectolitres et un chiffre d’affaires de 700 millions d’euros, détient 8 % du marché allemand de la bière. « Nous sommes contents de pouvoir vendre à un prix correct », commente un porte-parole de la deuxième banque allemande qui a entrepris une vaste opération de nettoyage de ses comptes, dans la perspective, selon les analystes, de se vendre ou de fusionner avec l’une de ses concurrentes. Récemment, elle avait négocié la cession du brasseur au fonds d’investissement américain One Equity Partner (OEP), mais les discussions avaient échoué car le repreneur potentiel menaçait de démanteler le groupe allemand.

Restructurer pour consolider

Jusque-là numéro trois du marché outre-Rhin, le groupe Oetker a annoncé son intention de lancer une offre publique d’achat sur les actions restantes de Brau und Brunnen, au prix unitaire de 80 euros, valorisant l’entreprise à 359 millions d’euros. Oetker contrôlait déjà le groupe Radeberger (7,6 millions d’hectolitres pour un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros, 70 millions de résultat net) ainsi qu’une autre brasserie régionale. Le nouvel ensemble s’octroie 15 % du marché de la bière et vise 20 % à terme. Dans les eaux minérales, Brau und Brunnen produit 4,9 millions d’hectolitres, qui viendront s’ajouter aux 800 000 hectolitres de Radeberger.

Le chiffre d’affaires cumulé du groupe avoisinera 1,5 milliard d’euros avec 6 000 salariés. Brau und Brunnen accuserait un déficit inférieur aux 4 à 5 millions d’euros prévus pour 2003. Chez Oetker, on ne cache pas la nécessité de restructurer afin de consolider le groupe qui devient le numéro un de la bière en Allemagne, devançant désormais Interbrew et Bittburger.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Un groupe très diversifié

Le groupe Oetker, créé en 1891 par un pharmacien, apparaît comme une nébuleuse d’entreprises. Le noyau constitué par ses activités agroalimentaires a contribué en 2002 à hauteur de 1,36 milliard d’euros (dont 904 millions pour la bière) à ses 5,12 milliards de chiffre d’affaire total. Oetker va d’ailleurs devenir dans un avenir proche le plus grand fabricant européen de pizzas. Il est également présent dans les vins mousseux et spiritueux avec sa filiale Henkell & Söhnlein (623 millions d’euros). En France, le groupe possède, depuis plusieurs années, l’entreprise alsacienne Ancel, spécialisée dans les produits pour apéritif avec deux usines à Strasbourg et Molsheim.

Hors de l’univers alimentaire, Oetker s’est développé dans le transport maritime (1,73 milliard d’euros), et dans des activités diverses (magasins de distribution Meyer & Beck, chimie, hôtellerie de luxe) qui totalisent 507 millions d’euros. Il possède également une banque privée, Lampe, et le groupe d’assurances Condor. Son président August Oetker déclare ne vouloir conserver que les branches dans lesquelles il peut être leader ou numéro deux. Le groupe ne révèle pas son bénéfice, mais déclare qu’aucune de ses branches d’activité n’est déficitaire.