En intégrant Jardiland, qui représente la moitié de ses ventes, InVivoRetail va compléter le réseau des magasins Gamm Vert et Delbard, se positionner sur l’animalerie et renforcer son offre alimentaire.
L’heure est à la consolidation dans les secteurs de la jardinerie et de l’animalerie. Le 26 octobre, InVivo Retail* annonçait ainsi être entré en négociations exclusives avec le fonds L-Gam, propriétaire depuis 2014 de Jardiland. La filiale du groupe coopératif dédiée à la distribution, constituée des deux enseignes Delbard et Gamm Vert, va franchir un cap avec Jardiland qui prévoit de réaliser en 2017 environ 750 millions d’euros de ventes, soit la moitié de celles d’InVivo Retail.
InVivo Retail prévoit de finaliser l’acquisition de Jardiland d’ici juin 2018, une fois que toutes les étapes réglementaires auront été franchies. Le dossier sera notamment soumis à l’avis de l’Autorité de la concurrence qui pourrait demander la cession de certains points de vente. « Etant donné que les réseaux de jardineries Gamm Vert, Delbard et Jardiland sont très complémentaires, ce risque est plutôt faible », a estimé Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo à l’occasion d’un point avec la presse le 10 novembre.
A l’issue de l’opération, L-Gam deviendra actionnaire minoritaire de la filiale spécialisée dans la distribution du groupe coopératif. « InVivo Retail a vocation à accueillir d’autres partenaires financiers de façon minoritaire », a indiqué Thierry Blandinières. « Nous sommes arrivés au capital de Jardiland en janvier 2014 en apportant 35 millions d’euros de capitaux, et nous comptons rester dans cette aventure sur le long terme », a souligné de son côté Yves Alexandre, associé fondateur de L-Gam.
Les trois enseignes seront préservées
Pour justifier cette prise de contrôle, InVivo Retail met en avant la complémentarité des trois réseaux qui permet une optimisation du maillage et de la couverture territoriale. « Il s’agit d’une alliance stratégique fortement créatrice de valeur », estime Jean-Pierre Dassieu, directeur général d’InVivo Retail, « avec une perspective de performance financière résiliente et équilibrée ». « Les marques sont complémentaires et seront préservées, il ne s’agit pas de détruire de la valeur », selon Thierry Blandinières. Des synergies sont attendues, notamment sur les achats.
Mais le véritable enjeu, selon InVivo Retail, est de parvenir à une taille critique afin de dynamiser le secteur. Fin novembre, InVivoRetail aura finalisé l’intégration auprès de Terrena de 90 magasins Gamm Vert et deux plateformes logistiques. En 2017, InVivo Retail avec Jardiland, atteindra 2,3 milliards d’euros de ventes pour chiffre d’affaires consolidé de 1,14 milliard d’euros. D’après les projections d’InVivo Retail pour 2024, le nouvel ensemble devrait atteindre 2,5 milliards d’euros de ventes et un chiffre d’affaires consolidé de 1,33 milliard d’euros.
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Renforcement de l’offre alimentaire
Pour la filiale du groupe coopératif, Jardiland représente l’opportunité de se positionner sur l’animalerie, un secteur qui réalise 4,5 milliards d’euros de ventes annuelles, et qui connaît une croissance très régulière (+3,3% en 2016). Une enseigne dédiée aux animaux de compagnie est d’ailleurs en projet. Les 190 magasins supplémentaires pourraient aussi accueillir l’offre alimentaire proposée dans les Gamm Vert et les Frais d’ici. « Proposer de l’alimentation, ce qui nous avons déjà fait dans les Jardiland sous forme de tests, nous fait penser que c’est une démarche extrêmement cohérente », a expliqué Thierry Sonalier, président du directoire de Jardiland. InVivo Retail va aussi se lancer dans la restauration avec le Frais d’ici de Dijon qui va proposer à ses clients de se restaurer sur place à partir de la fin novembre. Et prévoit l’ouverture d’une déclinaison de Gamm Vert dédiée à seule alimentation biologique au printemps 2018.
Toutefois, les acteurs du projet ne cachent pas les difficultés de l’activité de jardinerie en France, marquée par une croissance nulle, des revenus en dent de scie en fonction de la météo, et la concurrence accrue des grandes surfaces qui mène une guerre des prix et se positionnent seulement lors des pics annuels de ventes. La concurrence de l’e-commerce inquiète particulièrement les acteurs en place. Avec seulement 3% du chiffre d’affaires d’un secteur qui réalise 7,5 milliards d’euros de ventes (2016) en France, il connaît une dynamique forte de l’ordre de 8% par an. Les jardineries représentent un quart du chiffre d’affaires et les grandes surfaces de bricolage (GSB) un tiers des ventes, mais leur croissance est nulle. Le même constat est fait avec l’animalerie où internet comme canal de distribution représente 8% des ventes mais avec une croissance très dynamique de +29,3% en 2016.
(*) InVivo Retail fait partie du groupe InVivo, dont le chiffre d'affaires 2016/2017 (clos au 30 juin) s'est élevé 5,5 Mrd€ (contre 6,4 Mrd€ en 2015/2016).