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Produits laitiers Avec la crise, le roquefort marque le pas

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Le roquefort pâtit du recul du rayon coupe, et, de par son prix, a particulièrement souffert de la crise. Tandis que l’interprofession défend le produit auprès du grand public, la gestion des achats de lait, en ces temps de contractualisation, mérite le coup d’œil.

Le roquefort, parmi les fromages les plus chers, n’a pas bien supporté la crise. « Sur les trois dernières années, nous avons perdu environ 10 % des volumes », explique Marie-Elisabeth Verdaguer, secrétaire général de la confédération générale des producteurs de lais de brebis et des industriels de Roquefort. Un recul aussi bien lié au marché intérieur qu’à l’export, les consommateurs arbitrant en défaveur du roquefort quand les cordons de la bourse se resserrent. « Le bleu vache (1) est notre premier concurrent et en période de crise, la consommation de roquefort souffre, c’est classique », confirme Fabrice Lecocq, directeur clients nationaux de Lactalis AOC. En 2010, toutefois, le marché a commencé à se stabiliser.

Des difficultés conjoncturelles et structurelles
En 2010, le marché est resté légèrement négatif en GMS. Ce qui ne signifie pas que tous les acteurs du marché ont souffert dans la même mesure. Les MDD et les premiers prix ont reculé, tandis que les marques nationales, dont Société, ont mieux résisté. Mais ce qui caractérise le marché, c’est tout de même surtout la prééminence de Lactalis, qui reconnaît faire 80 % du marché en GMS, entre les produits à ses marques et les MDD. « Encore 20 % des volumes sont réalisés à la coupe, or c’est un mode de consommation qui décline, et on ne retrouve pas tous ces volumes en libre-service », explique Fabrice Lecocq.

Faire découvrir le roquefort aux régions sous-consommatrices
Face à ces difficultés, l’interprofession, qui dispose d’un budget communication de 1,9 M EUR, a revu sa stratégie de promotion. « Jusqu’ici, nous avions pour objectif de faire croître la consommation chez les consommateurs. Maintenant, nous allons essayer d’installer le produit dans des régions sous-consommatrices, c’est-à-dire une grande moitié nord de la France, hormis Paris », explique Marie-Elisabeth Verdaguer. Par ailleurs, l’interprofession se contentera cette année de deux vagues TV, la troisième étant remplacée par le parrainage de « Un dîner presque parfait » pour valoriser la culinarité du produit.

Un litre de lait sur deux transformé en roquefort
Le marché du roquefort est estimé à 329,7 M EUR, stable par rapport 2009 (330,2 MEUR), année qui avait, elle, connue un recul de 6,4 % par rapport à 2008. Ce chiffre inclut les produits de diversification (fromages pour salade, pâtes pressées, pérail…), beaucoup moins bien valorisés que le roquefort. Globalement, un litre de lait sur deux est transformé en roquefort. En 2010, la production de roquefort a atteint 17 400 tonnes. 3 600 tonnes ont été commercialisées à l’export. Le premier producteur est Lactalis, avec plus de 10 500 tonnes de production. La production de Papillon s’élève à 1 800 tonnes, celle de Gabriel Coulet à 1 700 tonnes. 3A se situe un peu au-dessus, les trois derniers producteurs de l’appellation (Vernières, Carles, Combes) produisant des volumes beaucoup moins importants.

(1) lait de vache

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