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Nutrition clinique/Acquisition Avec la nutrition médicale de Novartis, Nestlé Nutrition prend des forces

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Après plusieurs rachats en 2006, dont la société américaine de gestion du poids, Jenny Craig, Nestlé confirme de manière magistrale sa volonté de se transformer en une société de nutrition, de santé et de bien-être. En reprenant la filiale Medical Nutrition de Novartis, le groupe de Vevey devient numéro deux de la nutrition clinique, renforce ses capacités de recherche et développement, et accroît fortement le poids de sa division autonome Nestlé Nutrition, qui à ses 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires pourra ajouter les ventes de Medical Nutrition, qui devraient s’élever en 2006 à 721 M EUR.

Activia, Actimel et Danacol pour Danone, St Hubert Oméga 3 pour Dairy Crest (anciennement chez Marie groupe Uniq), Pro-Activ pour Unilever, les grands groupes ont presque tous leur produit phare sur le segment porteur de la santé. Nestlé, étonnamment, ne semblait pas participer à la course aux alicaments. Certes, depuis le début de l’année, le groupe suisse ne cessait de proclamer sa volonté de se transformer en « une société de nutrition, de santé et de bien-être », certes, le géant de l’agroalimentaire avait entrepris la reformulation de ses recettes afin de proposer des produits moins sucrés ou moins gras, certes il a mis la main en juin dernier sur la société de gestion du poids Jenny Craig aux Etats-Unis et s’impliquait dans le conseil en nutrition, et il est vrai, enfin, que le groupe de Vevey vient de signer un accord de recherche de cinq ans avec l’Ecole polytechnique de Lausanne portant sur l’étude de la relation entre la nutrition et le cerveau. Néanmoins, ce mouvement entrepris bien longtemps après Danone laissait Nestlé en retard sur ses principaux concurrents. Avec le rachat en cette fin d’année de la branche nutrition médicale de son concitoyen Novartis, Nestlé marque un grand coup. Pour 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros), le numéro un mondial de l’agroalimentaire se hisse au second rang mondial de la « nutrition de santé », derrière l’américain Abbott.

Nestlé devient numéro 2 de la nutrition médicale

Jusqu’ici, il le reconnaît, Nestlé ne jouait qu’un rôle secondaire sur le segment très rentable et en forte croissance de la nutrition médicale. En mettant la main sur le numéro deux mondial du secteur, le groupe suisse se dote d’activités complémentaires à celles qu’il détenait auparavant, comme des produits adaptés à certaines conditions pulmonaires ou rénales, et détient dorénavant « un portefeuille couvrant tous les cas de maladies nécessitant une nutrition spécifique ». «  Cette acquisition nous permet aussi de nous renforcer aux Etats-Unis, et d’accéder au marché japonais sur lequel nous n’étions pas présents, grâce au réseau commercial, aux relations avec les hôpitaux et à la réputation des produits de Novartis », ajoute François-Xavier Perroud, porte-parole de Nestlé. Medical Nutrition – division spécialisée dans les suppléments, les produits de nutrition pouvant être administrés par sonde ou voie orale pour les patients et consommateurs ne pouvant s’alimenter de façon traditionnelle, sous des marques telles que Boost (liquide nutritif oral), Optifast (gestion pondérale) ou Resource (suppléments oraux) – permet également au groupe suisse d’ajouter 950 millions de dollars à son chiffre d’affaires et un résultat opérationnel de 90 millions de dollars. Une division qui pèse deux fois plus lourd que l’activité correspondante chez Nestlé.

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Consolidation de Nestlé Nutrition

En effet, aux quelque 325 M EUR de l’alimentation médicale de Nestlé, s’ajouteront les 721 M EUR de Novartis soit une activité supérieure à 1 milliard d’euros. De quoi bouleverser la structure de la division autonome de Nestlé, Nestlé Nutrition. Créée en janvier 2006, celle-ci se divisait, sur les chiffres de 2005, en trois pôles : l’alimentation infantile (1er âge et bébés aux marques Nestlé, Cerelac et Neslac, soit 80 % du CA), l’alimentation pour sportifs (PowerBar et Pria, 10 %) et l’alimentation médicale (Nutren, Clinutren, Peptamen et Modulen, 10 %), soit un chiffre d’affaires global de 5,2 milliards de francs suisses (3,2 Mds EUR). En juin, avec l’acquisition de Jenny Craig, se créait un quatrième pôle centré sur la gestion du poids. Avec cette dernière acquisition, la nutrition médicale prend des forces, intègre 2000 nouveaux collaborateurs, dont une part de chercheurs et spécialistes, ce qui permet à Nestlé Nutrition de renforcer ses capacités en matière de R&D. Sur un budget global de 937 M EUR de R&D, 25 % était déjà consacré à la nutrition, alors même que les ventes de Nestlé Nutrition ne pèsent que 6 % du chiffre d’affaires, auxquelles peuvent être ajoutées les ventes des « branded active benefits », ces produits incorporant un élément santé positif, un total de 8 milliards de francs suisses, soit 14 % du chiffre d’affaires. Une proportion qui confirme la volonté du groupe d’investir massivement sur le segment de la nutrition. Reste à voir si dans les prochains mois, le géant suisse se laissera tenter par la filiale américaine de Novartis de nourriture pour bébés, Gerber, qu’il convoite depuis de nombreuses années, un autre moyen – en plus de la cession d’usines de produits traditionnels en France – de renforcer le poids de Nestlé Nutrition.