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Sauces/Stratégie Avec Lesieur Générale Condimentaire, le groupe huilier veut devenir le n°2 des mayonnaises

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Construite près de Dunkerque par Lesieur en 1992, l’usine de la Générale Condimentaire a été rachetée fin septembre par … le groupe Lesieur au groupe américain Campbell Soup ! Malgré ce retour aux origines, son intégration n’est effective que depuis le 1 janvier. Spécialisée dans la production de sauces et de mayonnaises, la nouvelle société « Lesieur Générale Condimentaire » veut dé-sormais profiter des synergies industrielles permises par la proximité offerte avec l’usine historique toute proche voulue par Georges Lesieur à Coudekerque. Une évolution au fond assez naturelle puisque Campbell vendait ses produits sous licence Lesieur. Mais l’enjeu est de taille maintenant pour rivaliser avec Amora et Bénédicta.

«Nous avons une véritable expertise dans l’élaboration des sauces et une forte capacité d’innovation », soulignait en novembre Frédéric Godier qui dirigea l’usine de Grande-Synthe jusqu’en décembre dernier pour le compte de Campbell Soup. Aujourd’hui, Générale Condimentaire est devenue Lesieur Générale Condimentaire à compter du 1 er janvier dernier.

Selon Lesieur, l’usine possède plus d’un atout : des salariés fortement engagés et un site compétitif qui bénéficie de la proximité de l’usine qui raffine et embouteille les huiles du groupe à Coudekerque. De nombreuses synergies sont ainsi possibles, que ce soit en termes de recherche-développement ou de logistique. D’ailleurs, le laboratoire de Coudekerque et celui de la Générale Condimentaire sont déjà sous une seule responsabilité. L’unité possède également de réelles capacités d’extension…au cas où de nouveaux marchés se présenteraient !

Le site devra être encore plus innovant et plus compétitif qu’hier. La compétitivité de l’huile, qui représente en moyenne 38% des coûts d’élaboration des sauces et mayonnaises, est un paramètre incontournable. Il comptera dans la bataille que se livrent les principaux producteurs mondiaux sur ce marché, qu’il s’agisse d’Unilever (Amora), de Heinz ou de Lesieur.

La bataille ne fait que commencer

L’entreprise dunkerquoise va devoir en effet se mesurer à Benedicta dont l’usine est implantée à Seclin au sud de Lille. Principal concurrent de Lesieur et numéro deux sur le marché, Benedicta vient d’être racheté l’été dernier par Heinz, le spécialiste mondial du ketchup. Lesieur était également sur les rangs, mais n’a pas voulu surenchérir sur l’offre de l’américain, se limitant à sa proposition initiale.

La marque aux carrés rouge annonce néanmoins la création d’un ketchup. Un contrat portant sur une production annuelle d’un millier de tonnes de ketchup à partir de son usine de Grande-Synthe vient en effet d’être signé tout récemment.

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33 372 tonnes produites en 2008

Implantée sur un terrain de 70 000 m 2, les 18 000 m 2 de l’usine abritent quatre lignes de production, qui utilisent environ une centaine de recettes, et six lignes de conditionnement pour 25 formats différents. Le site peut s’appuyer sur son centre de recherche-développement interne qui revêt une importance stratégique dans le domaine. Le site de Grande-Synthe fut « le centre d’excellence européen pour les produits “salades dressing” du groupe américain BestFoods avant son absorption par Unilever en 2001 », selon Frédéric Godier

Selon lui, l’équipe de recherche possède « un portefeuille d’environ 3000 recettes différentes dont une large gamme de recettes allégées qui lui permet de répondre aux attentes des consommateurs européens. Nous voulons encore diminuer de 10% le taux moyen en huile de nos mayonnaises et accroître de 20% l’efficacité de nos lignes de production », ajoutait-il.

L’usine possède une capacité de production annuelle de 40 000 tonnes, principalement des mayonnaises (61% des volumes), suivies des sauces salades (23%) et d’autres sauces froides (16%) commercialisées selon plus de 150 références. Elle valorise environ 16 000 tonnes d’huiles par an dont 11 500 tonnes d’huiles de colza et 4000 tonnes d’huile de tournesol. 130 ingrédients sont régulièrement mis en œuvre pour l’élaboration des recettes. Générale Condimentaire, qui produisait 23 000 tonnes en 2003, a franchi le cap des 30 000 tonnes un an plus tard grâce à « une politique commerciale agressive mais aussi par une forte capacité d’innovation », explique-t-on à Grande-Synthe. En 2008, elle a atteint 33 372 tonnes permettant de réaliser un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros.

La force de l’entreprise réside dans l’équilibre de ses différents marchés : 22% en GMS et 28% en RHF sous marque Lesieur. Les marques de distributeurs et le copacking (MDD à l’international comme en Grande-Bretagne ou au Portugal) représentent encore 27%, l’exportation des produits à la marque Lesieur seulement 13% des volumes et les clients industriels (le B to B) livrés en containers entiers représentent 10% de la production commercialisée.

« Notre spécificité, c’est notre activité saisonnière », précise-t-on chez Lesieur où l’on assure avoir toujours la flexibilité requise et l’anticipation nécessaire pour faire tourner les chaînes. Ce qui s’est traduit par exemple par un accord sur l’aménagement du temps de travail signé en 2000 avec les 108 salariés de l’usine dans le cadre de la Loi Aubry. Un avantage indéniable en terme de réactivité !