C'est un langage de diversité qui a dominé tout au long des premières heures de l'OpenAgriFood, ce forum organisé par Xavier Beulin et Emmanuel Vasseneix à Orléans, les 20 et 21 novembre. Un effort pour convaincre que toutes les agricultures, toutes les sortes de filières peuvent trouver leur place dès lors qu'existe une demande. Et qu'à l'économique s'associe un impact social qui peut être considérable.
L E social et l'économique sont liés plus souvent qu'on ne le croit dans les filières alimentaires. S'il y avait un message dominant, lors du début de l'OpenAgriFood, c'est bien celui-là. Depuis le défenseur du slow food jusqu'au Danone défendu par Franck Riboud, il s'agit bien de remettre l'homme au premier plan de l'activité de production de nourriture. Car la diversité des modèles alimentaires est bien liée aux différentes situations de l'individu dans la chaîne alimentaire. Chantre de cet humanisme, le truculent Paolo di Crocce, directeur général de Slow Food, plaidait pour que l'alimentation redevienne une occasion de plaisir, en contestant l'impossibilité prétendue de l'individu moderne de faire la cuisine ou laver sa salade alors qu'il passe des heures devant Facebook. Et surtout cet Italien réclamait le droit à l'information la plus complète sur ce que l'on mange.
Une laiterie au SénégalPrise en compte de l'homme aussi, pour Bagoré Bathily, cet audacieux sénégalais créateur de « La laiterie du Berger », jeune entreprise laitière qui essaie de pratiquer des prix stables et rémunérateurs pour 800 éleveurs et de gérer les livraisons à 12 000 points de vente. Une création soutenue à l'époque par Danone dont Franck Riboud est venu, à l'OpenAgriFood, décrire le double projet économique et social initié par son père Antoine. C'est aussi un double projet de cette nature, auquel s'ajoute la dimension écologique que le fondateur de la chaîne Exki, le Belge Nicolas Steisel a voulu présenter.
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L'Open AgriFood, jusqu'à sa clôture le 21 novembre était à l'image de cette matinée d'introduction : un foisonnement de rencontres, de groupes de travail, dans des grands ou petits formats, réunissant des experts d'horizons les plus divers, parfois éloignés des univers de l'alimentation mais ayant chacun une pierre à apporter à la description des filières. Marketing et alimentation, économie circulaire, nourrir les villes, le bio dans l'alimentation des Français, l'attractivité des métiers, la communication, l'étiquetage, etc. Un programme spécifique était révu pour les jeunes de même qu'un « Job-Dating, organisé par l'Apecita. Au total, une vaste réflexion-forum dont le principal défi promettait d'être l'épreuve de la synthèse. Elle devait échoir au chercheur et conseiller du Cirad Michel Griffon ainsi qu'à l'académicien Erik Orsenna.
TANDIS qu'à l'intérieur étaient évoqué l'humanisme et la diversité des filières possibles, la Confédération paysanne, avec quelques organisations alternatives, manifestait à l'extérieur du théâtre de l'OpenAgriFood. Motif : refuser l'industrialisation de l'alimentation, celle prêtée aux différents sponsors de l'opération organisée par Xavier Beulin et Emmanuel Vasseneix. Un cercueil enterrait symboliquement l'agriculture paysanne tandis que les discours fusaient. Mais à l'intérieur, les discours n'étaient pas ceux des sponsors mais de certains modèles d'agriculture et d'alimentation que d'aucuns qualifieraient également d'alternatifs. Ironie du sort, tandis que le patron de Slow Food s'exprimait avec enthousiasme à l'intérieur, un militant régional de la même organisation, à l'extérieur, contestait le forum. La Confédération paysanne avait d'ailleurs été invitée au forum d'Orléans. Mais trois jours avant c'était trop tard, disaient ses porte-parole qui « dénonçaient l'opération ».