Depuis un an, la filière de la luzerne s’est structurée en quatre organisations de producteurs, grâce auxquelles elle veut accéder à des programmes opérationnels.
À l’occasion de sa conférence de presse annuelle le 5 mars, l’union de coopératives France Luzerne (section de la Coopération agricole) a annoncé poursuivre sa structuration en organisation de producteurs (OP) pour la région Champagne-Ardenne, via le développement de son programme opérationnel. Pour rappel, cette section de la Coopération agricole a été reconnue en tant qu’OP dans le secteur des fourrages séchés, dans le cadre de l’arrêté du 19 décembre paru au Journal officiel (JO) début janvier. « L’OP représente la colonne vertébrale de notre filière pour écrire la suite », précise Pierre Begoc, directeur de Désialis (mise en marché). Trois autres OP – en Bretagne avec Déshyouest, en Normandie avec UCVD, et en Bourgogne avec Deshy’21 –, ont également été créées au cours de l’année 2023, ajoute Yann Martinet, directeur de Luzerne de France. Un tel cadre permet à l’union de coopératives d’avoir accès à des programmes opérationnels, financés à 50 % par l’Union européenne (UE) et à 50 % par l’OP.
Répondre aux tendances sociétales
Pour ce faire, ces programmes doivent notamment répondre aux enjeux élaborés par la filière, et aux objectifs fixés par le règlement de l’UE. « Notre projet de filière consiste à répondre aux grandes tendances sociétales et réglementaires selon trois axes de performance : environnementale, de nutrition et de bien-être animal et socio-économiques », souligne France Luzerne. Chaque programme opérationnel d’une OP à l’autre peut mobiliser des interventions différentes répondant à la stratégie de chaque OP », souligne toutefois France Luzerne. « Depuis le 1er janvier, 85 % de la production nationale de luzerne déshydratée est couverte par ce dispositif », a déclaré le président de Luzerne de France, Éric Masset, à l’occasion du troisième symposium du syndicat en janvier 2024. « Cela représentera une enveloppe annuelle de 6,5 millions d’euros pour soutenir la durabilité des coopératives reconnues de la filière », a-t-il ajouté.
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En 2023, la production de luzerne déshydratée a atteint 830 000 tonnes, soit une augmentation de 10 % par rapport à l’année passée, et ce malgré une baisse de 4,3 % des surfaces liée « à la situation internationale dégradée », souligne le syndicat. Ce dernier reste néanmoins optimiste, puisqu’il table sur un « rebond » des surfaces de 2,5 à 3 % des surfaces en 2024. « Le marché de la Luzerne se tient très bien par rapport au décrochage du blé en 2023 », souligne Pierre Begoc. Ce qui n’empêche pas le directeur de Désialis d’estime que la filière doit « retrouver une compétitivité », alors que « la Ferme Europe est mise en défi » face notamment à la baisse des cheptels, mais aussi le secteur de la production bio « en souffrance ».