La société lyonnaise Valansot a trouvé le moyen d’incorporer du gras végétal dans ses saucissons, donnant naissance à une nouvelle gamme, à la marque Eléïs, qui sera présentée au prochain Sial.
Bernard Gaud, à la tête depuis deux ans d’un groupe de mini-PME de charcuteries régionales, Salaisons des Monts Cf Agia alimentation n° 1 864 du 08.12.04 p. 17 , vient de révéler une innovation de rupture qui ne devrait pas passer inaperçue dans sa profession : il s’agit d’un saucisson qu’il qualifie de révolutionnaire non pas parce qu’il a été amputé de son gras comme tant d’autres produits allégés dont le goût est plutôt décevant, mais parce qu’il utilise de la graisse végétale, ce qui colle bien davantage aux évolutions actuelles du marché.
L’idée de recourir au gras végétal a été longtemps mûrie par l’ancien dirigeant de Sodima Yoplait (puis d’Arcadie, du Goût de la Vie et de l’Etoile du Vercors), dans un souci d’épouser « les grandes tendances internationales de la consommation qui m’ont toujours passionné », explique-t-il.
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C’est l’une des sociétés du groupe repris par Bernard Gaud et Michel Fraisse en 2004, Valansot SA à Corbas dans le Rhône, qui va lancer au moment du prochain Sial ce nouveau produit breveté sous la marque Eléïs. Le process et le mélange de gras végétal, la Végébarde, qui ont été mis au point avec l’Iterg, centre technique de la profession des corps gras, ont fait l’objet d’un brevet qui pourrait être exploité par d’autres industriels pour faire – pourquoi pas ? – de la charcuterie à base de bœuf à destination des populations musulmanes ou juives.
Une société pour développer le brevet à l’international
Une société ad hoc va être créée en ce sens pour développer le brevet à l’international, gérer la franchise de la marque Végébarde ainsi que les flux de matières premières d’origine végétale, annonce le p.-d.g. de Valansot. La PME lyonnaise, qui a d’ores et déjà obtenu un référencement chez Carrefour, va lancer Eléïs à la mi-novembre, pour une gamme de charcuterie de porc « classique », tandis que la marque Valansot, elle, continuera son développement avec des gammes à forte typicité régionale (jésus, rosette de Lyon, etc) aux côtés des produits savoyards des charcutiers de Jacquemardes, autre société du groupe de Bernard Gaud. Un des premiers effets attendus de ce lancement est un supplément de production pour l’outil industriel de Valansot, qui a une capacité actuellement de 200 tonnes et dont les ventes, en redressement depuis 2005, ne dégagaient modestement que 3,5 millions d’euros (+8% attendu en 2006). Au total, Salaisons des Monts consolide aussi le CA des Jacquemardes (4 M EUR) et de ses deux sociétés de distribution en gros, Garcin et Deparis et Cie.