Apprendre dès l’école à concilier économie et écologie. Le projet annoncé par Stéphane Le Foll ne manque pas de logique. Non seulement la question environnementale relève d’une sensibilité autant que d’un raisonnement, mais encore, la question est suffisamment complexe pour que la formation commence tôt. On ne peut d’ailleurs pas dire que rien ne se fait. Bon nombre d’écoles et lycées témoignent que l’environnement, dans l’enseignement de l’agriculture elle-même, n’est pas complètement absent, bien au contraire. Mais les techniques et les approches environnementales évoluent suffisamment vite pour qu’un coup d’accélérateur soit mis par le pouvoir politique.
Et puis, mettre en œuvre des pratiques respectueuses de l’environnement passe d’abord par une connaissance renforcée de l’agronomie. Le constat est partagé par beaucoup : il faut que les agriculteurs reviennent à plus d’agronomie. Il s’agit en somme de mieux maîtriser la conduite de leurs exploitations. L’heure n’est plus à suivre aveuglément les préconisations contenues sur les emballages de pesticides mais surtout à « raisonner » leur emploi, fût-ce en s’entourant de conseils. A mettre en œuvre des solutions parfois originales par rapport aux standards.
Au fond, l’agriculteur est l’héritier du collégien et du lycéen qu’il a été. Une raison suffisante pour que les organisations professionnelles s’investissent plus qu’elles ne le font dans la définition des programmes d’enseignement. Curieusement, l’annonce de Stéphane Le Foll n’a pas suscité de réaction de leur part. C’est pourtant de leurs futurs adhérents qu’il est bien question.
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