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Comme celui de cette année, le budget 2012 du ministère de l’Agriculture est un budget anti-crise. Bruno Le Maire est parvenu à sauver, à un ou deux pourcents près en euros constants, une masse budgétaire qui sera surtout consacrée à des aides directes aux exploitants : l’aide pour l’allègement des charges sociales des employés occasionnels représente rien moins que 500 millions d’euros. Le ministre le dit lui-même, il s’agit d’un budget très fortement consacré à des allègements de charges destinées à surmonter la crise et permettre d’être mieux placés par rapport à nos concurrents européens.
Les distorsions de concurrence sont une évidence que personne ne met en doute. Pour autant, faut-il mettre chaque année un demi-milliard d’euros pour compenser les écarts ou bien utiliser cette manne pour inciter les exploitants à investir, se moderniser, réduire leurs coûts d’une manière définitive qui ne suscite plus le besoin d’une aide annuelle ? Ce n’est pas l’allègement de charges patronales qui, en soi, va inciter les exploitants à se moderniser ; ce ne sont pas non plus les compléments de prix sur les produits qui auront cet effet. Certes, cela participe à l’équilibre de la gestion et elle est nécessaire pour qui veut se moderniser, mais n’y a-t-il pas, avec les mêmes enveloppes, des mesures plus incitatives ? C’est toute la différence entre des dispositifs conjoncturels et des mesures structurantes pour l’avenir. En se concentrant sur des aides au revenu, le gouvernement risque bien de se voir reprocher une politique plus électoraliste que porteuse d’avenir.
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