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Aviculture : le poulet brésilien rencontre de nouveaux problèmes et inquiète les producteurs européens

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Droits antidumping définitifs aux frontières chinoises, problème sanitaire « ponctuel » dans une unité de production de JBS : le poulet brésilien connaît de nouveau des déboires. Et il inquiète le secteur avicole européen qui s’oppose à une modification prévue par Bruxelles des modalités de gestion des quotas tarifaires d’importation dans l’UE.

Après avoir instauré en juin 2028 des droits provisoires sur le poulet brésilien sous la forme d’une obligation de dépôt (1), la Chine a annoncé l’application à compter du 17 février, et pour cinq ans, de droits antidumping définitifs de 17,8 % à 32,4 % sur ces importations, pénalité dont sont toutefois exemptées certaines entreprises qui se sont engagées à respecter un prix de vente minimal. Cette décision intervient alors que Washington négocie avec Pékin une issue à la guerre commerciale entre les deux pays, réclamant notamment un meilleur accès des produits agricoles américains au marché chinois.

Une enquête engagée en 2017 a mis en évidence que les importations de poulet brésilien à des prix inférieurs au coût de production « causaient un tort important » au secteur de la volaille en Chine, a expliqué le ministère chinois du commerce. Le Brésil était encore en 2017 le premier fournisseur extérieur de poulet surgelé de la Chine (85 % de ses importations), pour une valeur annuelle approchant le milliard de dollars.

La Chine, dont le marché est fermé depuis 2015 aux produits avicoles américains entre autres pour cause de grippe aviaire, avait brièvement stoppé en mars 2017 ses importations de viande en provenance du Brésil, théâtre d’un scandale sanitaire.

Salmonelles

Le géant brésilien JBS a annoncé le 13 février le rappel de près de 500 tonnes de poulet produites par son unité de Dourados dans l’État du Mato Grosso do Sul du fait d’une possible contamination par les salmonelles. À titre de mesure de précaution, ce rappel a porté sur 164,7 t de viande fraîche destinées au marché national et 299,6 t destinées à l’exportation.

Il s’agit d’un « évènement ponctuel », a affirmé JBS, qui a dépêché des inspecteurs sur place et laissé ouvert l’abattoir concerné, mais l’a placé sous un « régime spécial » de fonctionnement.

En mai 2018, la Commission européenne avait retiré à vingt établissements brésiliens, dont dix de transformation de la volaille et un de la viande bovine, l’autorisation pour exporter vers l’UE, en raison d’un « risque pour la santé publique » (2).

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(1) Voir n° 3649 du 18/06/18

(2) Voir n° 3645 du 21/05/18

(3) Voir n° 3653 du 16/07/18

(4) Voir n° 3659 du 17/09/18

Quotas tarifaires d’importation

La Commission de Bruxelles a présenté le 19 février à la commission de l’agriculture du Parlement européen le projet de règlement d’exécution harmonisant et simplifiant les modalités de gestion des quotas tarifaires d’importation qui inquiète tout particulièrement le secteur européen de la volaille (3). Celui-ci estime que les aménagements envisagés du régime actuel « transféreront le pouvoir de négociation aux pays exportateurs », principalement à leurs grandes entreprises, au détriment des opérateurs de l’UE, surtout les PME. Il vise en particulier le Brésil où le certificat d’origine du produit est, selon lui, « utilisé abusivement au profit de quelques multinationales ». Une affirmation qui a entraîné une vive réaction des professionnels brésiliens réunis au sein de l’Association des protéines animales (ABPA) (4).

L’exécutif européen prévoit d’adopter formellement le projet de règlement au cours du premier semestre de cette année.