Le groupe Avril prépare une contractualisation durable avec des enseignes pour une marque régionale de porc et une marque régionale d’huile de tournesol, a indiqué son directeur général délégué, Michel Boucly, le 21 mars, clôturant une table ronde sur la création de valeur ajoutée durable. Il s’agira des premiers lancements de cette conception des filières que veulent construire des industriels, des distributeurs, et aussi des universitaires.
Avril, le groupe industriel de la filière oléoprotéagineuse française, entend créer une marque régionale de porc d'Aquitaine, avec une « contractualisation durable » entre producteurs, transformateurs et un distributeur. Le terme « contractualisation durable » veut désigner des acteurs prêts à travailler ensemble pour créer plus de valeur et la répartir équitablement, pour la plus grande pérennité des filières. En l’occurrence, le porc d’Aquitaine serait alimenté avec du soja local, moins onéreux que le soja non OGM issu du Brésil, qui coûte 70 dollars la tonne de plus que le soja OGM, a commenté Michel Boucly. La viande porcine serait distribuée par Carrefour.
L’autre projet d’Avril est de lancer une marque régionale d’huile de tournesol, commercialisée par Système U dans la zone centre-ouest de la France.
Chaire SDSC : mettre fin à une guerre des prix suicidaire
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Ces premiers lancements sont considérés par les intervenants à la table ronde du 21 mars, organisée par la « chaire SDSC » (« Sustainable Demand Supply Chain » : filière d'offre et demande durables), comme décisifs pour la réussite de la démarche SDSC. Cette chaire universitaire a été créée début 2013 par AgroParisTech et la Fondation AgroParisTech, avec l’appui d’Avril, de la coopérative Terrena et du distributeur Système U. Elle a pour objet de faire évoluer l’organisation des filières agroalimentaires en vue d’en accroître la durabilité, c’est-à-dire de veiller à leur santé économique, sociale et environnementale.
La démarche SDSC vise notamment à « garantir la pérennité des acteurs et leur capacité à se moderniser ». En effet un des écueils de la guerre des prix est la compression des marges des distributeurs et des fournisseurs puis à terme le désinvestissement. Il s'agit aussi de lutter contre la volatilité des prix des matières premières et de chercher à favoriser la création de circuits plus courts. La « nouvelle contractualisation » qu’elle propose porte sur des engagements de volumes et des prix fixes révisables. Son objectif est de mettre fin à une « guerre des prix suicidaire ».
Pour le moyen terme, Alain Chapdaniel, directeur de la chaire SDSC, a évoqué le projet d'adapter la réglementation française pour éviter aux filières durables d'être accusées d'ententes.
Garantir la pérennité des acteurs et leur capacité à se moderniser