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Coopératives Axéréal et Cohésis rapprochent leurs activités de commercialisation de semences

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Les groupes coopératifs Axéréal et Cohésis ont annoncé le rapprochement de leurs activités commerciales de semences pour créer Geosem, une société qui va devenir un des premiers opérateurs français. Les dirigeant de Geosem croient beaucoup dans le Grenelle de l’environnement pour remettre la génétique au cœur de l’agriculture.

Les groupes coopératifs Axéréal (à travers Epis-Sem et Agralys) et Cohésis ont signé, jeudi 29 avril, l’acte de création de Geosem, une nouvelle marque de semences de céréales et protéagineux née de la mise en commun de leurs activités commerciales sur le circuit long. Geosem qui a le statut de SAS est détenu à parts égales entre Axéréal et Cohésis. Avec 1 million de quintaux de semences dont 300 000 sur le circuit long et 700 000 en circuit court (c’est-à-dire directement aux adhérents des coopératives), la nouvelle marque devrait représenter 17% des parts du marché français et devenir ainsi le 2e ou 3e opérateur national. Sur le circuit long, Geosem remplacera dès cet automne les marques EuroSem (de Agralys et Cohésis) et Semagra (d’Epis Sem). Pour ce qui est du traitement de semences, Geosem s’approvisionnera auprès de l’union de coopératives Sévéal.

Le Grenelle : une opportunité pour la génétique
Pour Jean-Marc Dupré, vice-président d’Agralys et président du conseil de surveillance de Geosem, les semences sont en train de revenir au centre de l’agriculture « pour aider les agriculteurs à relever les défis du Grenelle de l’environnement ». « Pour répondre aux exigences du Grenelle, la génétique est la solution évidente », confirme Alain Chaumard, directeur activité semence d’Axéréal. Afin de se renforcer encore, Geosem devrait prochainement signer un accord avec le groupe coopératif InVivo sur des programmes d’expérimentation. L’objectif étant de développer une offre qui marie semences et phytoprotection (outils d’aide à la décision, techniques agronomiques, produits phytos). « Ce qui nous intéresse, c’est de conjuguer notre expertise génétique avec leur connaissance des produits phytosanitaires et des outils d’aide à la décision. Un groupe d’experts va se mettre en place pour allier génétique et agronomie », explique Jean-Marc Dupré.

Passer la crise
Mais cet optimisme est quelque peu altéré par le contexte de prix du marché des céréales qui pousse les agriculteurs à se tourner vers les semences de ferme. « Si les prix ne bougent pas cette année nous risquons de voir le taux d’utilisation de semences certifiées chuter encore de 5%. Soit un taux de 45% en blé tendre par exemple », explique Jean-Marc Dupré. Il estime que ce nouveau recul devrait coûter 17 millions d’euros de chiffre d’affaires aux multiplicateurs et 10 millions aux sélectionneurs. « C’est le coût annuel de deux programmes de recherche ». Il faut que les sélectionneurs, notamment, puissent passer le cap de la crise. Les coopératives propriétaires de Geosem vont donc inciter leurs adhérents à investir dans des semences certifiées. « Si nous voulons continuer à fournir une production de qualité à nos clients qui sont de plus en plus exigeants, il faut utiliser des semences certifiées. Le recours à des semences de ferme ne peut être que temporaire », insiste Jacques Siret, président d’Epis Sem. Le rapprochement avec InVivo devrait également servir à ça : mener une campagne « politique » de défense de l’amélioration génétique des semences.

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