La baisse des ventes de vins de Bourgogne en France cette année a été limitée. En revanche, les exports ont fléchi sur les sept premiers mois, sur fond de crise mondiale. L’interprofession ne panique pas et s’organise.
Avec quelque 55 millions de bouteilles vendues à l’étranger lors des sept premiers mois de 2008, le volume à l’exportation des vins de Bourgogne a accusé une baisse de 9 % (5 % en valeur à 375 millions d’euros) lors des sept premiers mois de 2008 par rapport à 2007, avec un décrochage « depuis l’été 2008 » en raison de la crise économique et financière mondiale. Les professionnels du secteur l’ont annoncé dimanche 16 novembre à Beaune, lors d’une conférence de presse en marge de la 148e vente des Hospices du même nom. « Il existe une grande différence entre la Bourgogne euphorique et sûre d’elle-même de 2007, avec tous les voyants économiques au vert, et celle de 2008 où un vent mauvais souffle depuis l’été », a résumé Louis-Fabrice Latour, président de la Fédération des syndicats de négociants-éleveurs de Bourgogne (FNEB). Ce décrochage, « beaucoup de négociants l’ont ressenti dès juin », a-t-il précisé.
« Baisses de 10 à 20% d’ici la fin de l’année »
L’année 2007 avait été exceptionnelle pour les vins de Bourgogne. Toutefois, les exportations pour les sept premiers mois de 2008 restent supérieures à celles de la période 2004-2006, en volume (+9% par rapport à 2006, +20% par rapport à 2004 ou 2005) et en valeur (+60 à +90 millions d’euros par rapport aux années 2004 à 2006). « Ces chiffres confirment clairement l’objectif d’une meilleure valorisation des vins de Bourgogne », souligne le BIVB dans son dossier de presse.
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Les exportations pour les sept premiers mois de 2008 se sont réparties notamment sur les marchés américain, anglais, allemand et néerlandais, selon le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). Des « estimations de baisse allant de -10 à -20% d’ici la fin de l’année » sont avancées par les professionnels du secteur, a ajouté M. Latour.
La croissance se poursuit sur les marchés porteurs
Il a précisé que la baisse est particulièrement sensible sur « les marchés anglais (-7%) et nord américains (-20%), alors qu’elle n’est que de quelques pourcents (-2% sur la campagne 2007-2008) sur le marché domestique (France), qui représente tout de même 49% de la production de bourgogne ». « Ce repli très net, en forte accélération ces derniers mois, est une petite inquiétude pour nous, mais nous ne sommes pas pessimistes, et (la période de) Noël ne devrait pas trop mal se passer, a conclu le président de la FNEB, prédisant toutefois que « l’année 2009 ne sera pas facile ». En guise de consolation, la FNEB se rassure avec les ventes sur les nouveaux marchés porteurs de Bourgogne dont la croissance se poursuit : la Suède, l’Irlande, la Finlande, la Corée du Sud et Singapour (+7 à +10%), le Brésil (+36%) et l’Australie (+45%).