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Marchés céréaliers Baisse de la consommation et des échanges mondiaux de céréales

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Une série d’événements climatiques malencontreux ont affecté les productions de céréales des principaux exportateurs pour 2012-2013. Ces aléas ont provoqué une hausse soudaine des cours des matières premières agricoles, déstabilisant une nouvelle fois les marchés mondiaux. Dan Basse, président d’AgResource, et analyste reconnu sur les marchés céréaliers, a ainsi évoqué ces sujets lors du colloque Global Grain, à Genève le 14 novembre.

«Nous assistons à la première baisse de consommation mondiale de céréales depuis cinq ans », indiquait Dan Basse, président d’AgResource, lors du colloque annuel Global Grain, à Genève le 14 novembre. Montrant une baisse des échanges mondiaux de céréales en 2012-2013, principalement blé et maïs, il relevait que, pour la première fois, les volumes de soja échangés allaient dépasser ceux du maïs au niveau mondial.

Les échanges mondiaux de céréales se replient

Donnant les chiffres du département américain à l’Agriculture (USDA), Dan Basse a souligné une baisse du commerce des grains dans le monde. Ainsi, lorsque 152,824 millions de tonnes (Mt) de blé et de farine ont été échangées dans le monde en 2011-2012, l’USDA estime que ce chiffre tombera à 138,755 Mt en 2012-2013. Il en va de même pour le maïs, passant de 102,593 Mt à 95,690 Mt, et l’orge de 21,192 Mt à 17,520 Mt. Seules les graines de soja verraient croître leurs échanges, passant de 90,330 Mt en 2011-2012 à 98,550 Mt sur la campagne en cours. La baisse des échanges de céréales dans le monde est pour partie liée aux déboires de production subis par les principaux pays exportateurs, mais aussi à une contraction de la demande. En effet, entre le plafonnement des productions de biocarburants, principalement pour le maïs destiné à l’éthanol aux États-Unis, et l’effet prix, ayant poussé au rationnement, et, pour l’élevage, à une diminution du nombre de têtes, la demande mondiale se tasse. À cela s’ajoute un contexte économique mondial plutôt morose, limitant l’augmentation de la consommation de pays dont la croissance économique est moins bonne qu’espéré.

La demande mondiale en céréales a baissé

La baisse de la consommation mondiale touche ainsi le blé, passant de 696,119Mt consommées en 2011-2012 à 675,136 Mt estimé pour la saison en cours. Le maïs, passant d’une consommation de 875,408 Mt à 853,790 Mt, et l’orge, de 135,831 Mt à 133,354 Mt estimé sont dans le même cas. Encore une fois, seul le soja voit sa consommation croître. Mais, outre une baisse des échanges, Dan Basse a montré que les principaux pays exportateurs de céréales subissaient des pertes de parts de marché. Ainsi la part des États-Unis sur le commerce mondial du maïs et du soja est tombée à 29%, « le plus bas niveau depuis longtemps », selon Dan Basse. Soulignant par ailleurs des stocks mondiaux de blé « qui ont l’air confortable », le spécialiste américain a expliqué que ces stocks ne se trouvaient pas dans les grands pays exportateurs. Excepté aux États-Unis qui, avec l’Europe et le Canada, devraient être les principaux fournisseurs de blé pour les pays importateurs sur les six derniers mois de la campagne 2012-2013. Enfin, Dan Basse a estimé que les marchés agricoles devraient reprendre vigueur en 2013, à la faveur de prix soutenus incitant à l’investissement dans les productions agricoles. Il a cependant soutenu que le moindre accident climatique, sur les productions en cours pour la campagne commerciale 2013-2014, pourrait créer de vives tensions économiques, mais surtout sociales. « Dans ce cas, l’agriculture deviendrait une affaire d’État », a insisté Dan Basse.

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