Si la consommation à domicile de charcuterie a encore progressé en 2013, le recul de l'export et de la consommation hors foyer a généré un recul de la production. La Fict mise notamment sur l'export pour enrayer la chute, mais la dernière décennie a été plus profitable à nos voisins européens qu'à la production française dans ce domaine.
LA production française de charcuteries et de salaisons a baissé de 1,4% en 2013 en France pour s'établir à 1,04 million de tonnes, a annoncé la Fédération des industriels charcutiers traiteurs (Fict), le 17 juin. Les volumes ont reculé de 0,9 % en France (si la consommation à domicile s'est bien tenue, la consommation de charcuterie hors foyer a fortement reculé) et de 5 % à l'export. Dans le même temps, les importations ont progressé de 3 % en volume (+ 5 % en valeur).
DYNAMISER L'EXPORT VERS LES PAYS TIERS
Si la Fict espère retrouver de la croissance sur le segment du hors foyer, elle mise aussi sur l'export. Robert Volut, son président, a ainsi détaillé les efforts entrepris par la profession pour pénétrer les marchés chinois (trois entreprises sont d'ores et déjà en phase finale d'obtention de leur agrément et six autres dossiers sont à l'étude) et américain (pas d'agrément pour l'instant). Mais le défi est de taille…
Pour expliquer la progression des importations de charcuterie en France, la Fict indique qu'elle n'a pas pu faire reconnaître son code des usages. Résultat, des produits importés, dits de qualité supérieure, peuvent contenir des polyphosphates, ce que le code des usages français ne permet pas. La protection des recettes passe par l'obtention de l'appellation « Spécialité Traditionnelle Garantie », un chantier qui prend du temps.
EXPORTATIONS EN RECUL DE 13,4 % (1) EN VOLUME SUR DIX ANS
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Pour l'heure, les ventes à l'export ne pèsent que 8 % des ventes totales soit (370 millions d'euros) et elles ont reculé de 13,4 % en volume et 1,5 % en valeur sur dix ans. Sur la même période, les exportations allemandes (1,4 milliard d'euros) ont été multipliées par 2,6, les exportations italiennes (1,2 milliard d'euros) par 1,8 et les exportations espagnoles (707 millions d'euros) par 2,4. Seule bonne nouvelle, la bonne tenue des ventes vers les pays tiers en 2013 (+6,2 %), même si elles restent modestes (58 millions d'euros).
Autre préoccupation de la Fict, la répercussion de la hausse des matières premières. Robert Volut espère ainsi que la profession fera partie des secteurs listés par le décret attendu sur le champ d'application de la clause de renégociation prévue par la loi de consommation en cas de forte volatilité des cours.
UN SECTEUR SOUS PRESSION
Il faut dire que la contraction des volumes et la pression sur les prix frappent un secteur déjà à la peine (0,3 % de rentabilité nette moyenne en 2012, et 48 % d'entreprises en perte). Malgré une progression du chiffre d'affaires de 0,8 % en 2013, à 5,72 milliards d'euros, le secteur a perdu 1 100 emplois en 2013, soit un total de 1 800 emplois en moins sur trois ans, sur un total avoisinant désormais 33 000, estime la Fict.
(1) Pour une illustration concrète, voire l'article sur le jambon de Bayonne dans le même numéro, p.37