Malgré les messages nutritionnels incitant les Européens à consommer plus de légumes, la consommation des produits transformés stagne, après avoir augmenté dans les années 90. Les industriels qui cherchent à retrouver de la croissance pointent du doigt la compression des prix et la faiblesse de la demande pour justifier des perspectives de transformations en 2005 stables ou en baisse.
L’ambiance est « prudente », voire morose, chez les transformateurs de légumes. Réunis pour leur quatrième conférence européenne à Bruxelles le 22 avril, à l’initiative de l’OEITFL (Organisation européenne des industries transformatrices de fruits et légumes), les fabricants de conserves et de légumes surgelés ont annoncé leur intention de réduire ou maintenir leur production en 2005 par rapport à l’année dernière.
La transformation de légumes surgelés, aux alentours de 2,5 millions de tonnes, devrait être en légère baisse ou stable par rapport à l’année dernière, a indiqué Pascale Keppenne, la secrétaire générale de l’organisation. Le marché a gagné 500 000 tonnes entre 1998 et 2001, mais depuis – hormis en 2002 (+2,75%) – il stagne, voire recule. Il a affiché –2,80% en 2003 et -0,38% en 2004. L’an passé, la Belgique s’arrogeait toujours une large part de la production de surgelés avec 24%, suivie de la France (14%) puis de la Pologne (13%), de l’Espagne (11%) et du Royaume-Uni (10%).
« L’élargissement n’explique pas tout »
La contraction de la production devrait être davantage marquée pour les conserves avec une chute dans tous les pays à des niveaux « les plus bas depuis de nombreuses années ». En 2004, 2,8 millions de tonnes ont été produites contre 2,7 en 2003 et 2001 avec un pic en 2002 à 3 millions de tonnes. La France perd un peu de sa part de marché, mais reste largement en tête : elle en détient plus de 40% de PDM, loin devant les Pays-Bas (moins de 20%), l’Espagne et l’Italie (moins de 10%).
Après deux années exceptionnelles, en 2002 et 2003, les volumes de transformation devraient donc atteindre en 2005 un niveau inférieur à ceux de 2001. Et ce, malgré l’intensification des discours sur l’importance nutritionnelle de consommer des fruits et légumes.
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« Tout n’est pas dû à l’élargissement », a insisté Mme Keppenne, devant une centaine de chef d’entreprises. « La consommation n’augmente pas. Il est grand temps de promouvoir les atouts de nos produits et de doper la consommation », a-t-elle lancé.
Les produits frais ont la cote
De son côté, M. Nieman, d’AC Nielsen, souligne que les fruits et légumes sont le segment du marché alimentaire le plus dynamique. Les ventes ont progressé en 2004 de 4% par rapport à 2003, en valeur, contre une moyenne de 2% pour l’ensemble du marché. Pourtant, cette tendance ne profite pas aux produits transformés. Ils ont pâti d’une forte pression sur les prix : -1,4% pour le prix moyen au kilo pour les conserves et –1,3% pour les légumes surgelés. Elle est due en grande partie à la montée en puissance du hard discount, de ses pratiques d’achats et des marques distributeurs, souligne M. Nieman. En volume, les surgelés ont enregistré une baisse de 0,7% mais les produits appertisés ont reculé de 1,4%. La tendance est plus marquée en France avec pour les deux types de produits une baisse respective de 3,7% et de 3,9%.