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Semences Baisse de l’utilisation de semences certifiées de blé tendre d’hiver

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Lors d’un colloque du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), le 12 avril à Paris, Thierry Momont, président de la section céréales et protéagineux du Gnis, a fait état d’une baisse de l’utilisation de semences certifiées de blé tendre d’hiver en France depuis quatre ans. Et ce malgré les prix élevés observés à la production. Un constat inquiétant pour les obtenteurs et producteurs de semences certifiées qui s’organisent afin de contrer cette tendance.

«On constate une érosion du taux d’utilisation des semences certifiées de blé tendre d’hiver en France, avec toutefois d’importantes différences régionales », a indiqué Thierry Momont, président de la section céréales et protéagineux du Gnis, lors d’un colloque le 12 avril à Paris. Ce taux est ainsi passé de 57% en 2008-2009 à 51% en 2011-2012, en décrivant une baisse continue. L’est de la France connaît les meilleurs taux d’utilisation de semences certifiées de blé tendre d’hiver, entre 55 et 60%, et le Sud-Ouest les plus bas à 38%. La culture du blé dans cette région étant marginale.

Les raisons de la baisse de l’utilisation des semences certifiées

Pour Thierry Momont, « l’inquiétant est que, malgré les bons prix observés pour le blé tendre actuellement, les taux d’utilisation de semences certifiées ne progressent plus ». « Que se passera-t-il si les prix des céréales baissaient ? », s’est-il aussi demandé. Selon lui, plusieurs raisons expliquent cette situation : d’un côté une volonté de maîtrise des charges d’exploitation de la part des agriculteurs, d’un autre le développement du triage à façon (Taf) des semences de ferme. Pour les trieurs à façon, la loi sur les certificats d’obtention végétale (COV) légalise leur activité. Ainsi, « les agriculteurs peuvent bénéficier du re-semis d’une partie de leurs récoltes, sous réserve de financer la recherche », a souligné Thierry Momont. Selon lui, le Taf produirait chaque année plus de 200 000 tonnes de semences de céréales à pailles et fournirait 50% des semences de ferme en France.

Trouver des arguments pour relancer l’engouement

Pour endiguer ce phénomène, le Gnis va mettre en ligne un outil d’aide à la vente (www.reseau-semences-cerifiees.fr), fin mai début juin, à destination des représentants des distributeurs de semences certifiées. Cet outil permettra aux techniciens de coopératives, par exemple, de s’appuyer sur des arguments économiques pour faire comprendre aux agriculteurs le coût des semences certifiées, comparer leurs prix avec ceux des semences de ferme et évaluer l’importance des coûts de la semence certifiée sur les charges d’exploitation. Une autre partie, reposant sur des arguments techniques, telle que la qualité des semences certifiées, la traçabilité qu’elles permettent, leur réponse aux exigences de l’aval et le progrès génétique qu’elles contiennent pour répondre aux attentes des marchés, sera aussi proposée au travers de cet outil en ligne. Enfin, le Gnis a demandé aux représentants des filières présents lors du colloque, telle que la meunerie ou la brasserie, de vanter les mérites de la semence certifiée auprès de leurs fournisseurs, en termes d’amélioration des débouchés, mais aussi de financement de la recherche pour améliorer la qualité et la productivité des grandes cultures.

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