Les produits périssables comme les fruits et légumes frais n'ont pas la cote. Ils enregistrent un fort recul sur un an de leur prix.
DES cours toujours en baisse… Pour les fruits, les prix ont chuté de 17 % sur un an selon la note Agreste de juillet. À ce titre, le gouvernement va financer une campagne de 200 000 euros pour promouvoir la production française de fruits, a annoncé le 15 juillet Stéphane Le Foll devant l'Assemblée nationale. L'afflux des productions européennes, notamment espagnoles qui arrivent en même temps que les productions françaises sur les étals provoque l'érosion des cours et la consommation n'est pas au rendez-vous. « Il faut s'organiser, gérer la période et promouvoir la production française », a ajouté le ministre de l'Agriculture. Les fruits d'été sont particulièrement touchés : en pêche nectarine, les prix sont inférieurs de 6 % à la moyenne quinquennale. En abricot, c'est le même topo : les cours fléchissent et enregistrent une moyenne inférieure de 3 % à celle de 2009-2013. La baisse continue des prix touche également les pommes et les fraises, deux productions en fin de campagne.
Dans les Pyrénées-Orientales, les producteurs de pêches à l'appel de la FDSEA 66 et des Jeunes Agriculteurs du département ont manifesté le 17 juillet. Le mot d'ordre était « pour pouvoir manger français, laissez-nous produire français ! ». À Perpignan, ils ont bloqué pendant trois heures des camions espagnols pour protester contre les importations à bas prix et ont en déversé près de cent tonnes pêches françaises. Les 150 agriculteurs présents demandaient aux autorités « d'intensifier les contrôles de produits à la frontière espagnole et de veiller à l'application de la loi française. »
Légumes
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Pour les légumes, les cours ne sont pas plus favorables, la baisse sur un an en mai est de 21 %. La douceur des températures a accéléré les apports sur les marchés et favorisant ainsi la diminution des prix : tomates (-21 %) et salades (-31%) sont en baisse. La saison de la courgette se déroule également sous de mauvais auspices. « L'offre de saison ne parvient pas à séduire le consommateur », indique Agreste dans sa note de conjoncture du 11 juillet. Les prévisions de récoltes, au départ prévues à 136 milliers de tonnes ont été révisées à 120 milliers de tonnes à cause de conditions climatiques moins favorables pour les cultures. À cela s'ajoute des niveaux de prix moins rémunérateurs qui « conduisent des exploitants à réviser les choix, à modifier leur assolement et donc à ne pas réaliser de nouvelles plantations initialement programmées. » Selon Agreste, les prix continuent de s'éroder sur la totalité de l'offre de courgettes car la demande en juin reste timide.
L'ensemble des composantes de la chaîne alimentaire se trouve en déflation : les produits alimentaires e grandes surfaces, les produits agricoles et les moyens (aliments du bétail, engrais, phytos…) pour les produire. Mais les agriculteurs paient la part la plus lourde dans l'équation.