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Coopération céréalière Baisse du résultat de 12% sur l’exercice 2009/10 pour Vivadour

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Après une campagne 2009/10 difficile en raison des prix bas en début de période, et de difficultés climatiques durant l’été, Vivadour adapte sa mise en marché et ses services aux adhérents afin de préserver les revenus agricoles

«La chute vertigineuse des cours des matières premières végétales, conjuguée à des conditions climatiques défavorables à notre seule région a entraîné des rendements en recul de 20% », a déclaré Christophe Terrain, président du groupe Vivadour, lors de l’assemblée générale du groupe coopératif le 9 décembre dernier. Selon son rapport d’activité 2009/10, Vivadour a affiché un chiffre d’affaires de 327M€, soit une baisse d’environ 12% par rapport aux 372M€ enregistrés l’année précédente. Selon le directeur de la coopérative, Franck Clavier, « la baisse du chiffre d’affaire de Vivadour est strictement liée à la chute des cours des céréales ». Cependant, « le fort investissement dans le renforcement de notre bureau de ventes de céréales, engagé il y a quatre ans, a permis de saisir toutes les opportunités de marché dans un contexte difficile », a-t-il déclaré. Selon lui, « les prix payés à nos adhérents sur les prix campagne sont en moyenne de 10€ supérieurs à la tonne par espèce à la concurrence ». Enfin, dans le domaine de l’agrofourniture, Ovalie, centrale d’achat de Maïsadour et Vivadour, aurait permis de baisser le coût à l’hectare de certains intrants, améliorant au passage les marges des adhérents.

Une collecte en baisse
Avec une collecte de 237 000t de céréales sur la campagne 2009/10, le groupe coopératif Vivadour a enregistré une diminution de 70 000t (-23%) par rapport à l’exercice précédent. Ses filiales négoces ont, quant à elles, collectées 189 500t de céréales, soit une baisse de 39 500t (-17%). Au total, la collecte 2009/10 s’est élevée à 426 500t, dont 51 500t d’oléoprotéagineux, 82 000t de céréales à paille et 293 000t de maïs. L’effondrement de la sole de céréales à paille (-45%) et des rendements catastrophiques, expliquent le niveau historiquement bas de la collecte d’été 2009 (23 000t contre 43 500t en 2008). D’autre part, les cultures de maïs en sec de la région ont souffert de la sécheresse estivale avec 193 000t collectées en 2009, contre 246 500t en 2008. Soutenue par les prix hauts de début de campagne, la collecte d’oléagineux a progressé de 23% en 2009 à 21 000t, contre 17 000t en 2008. Le chiffre d’affaires de l’activité collecte du groupe, coopératives et négoces, a atteint les 65,5M€, dont 35M€ pour les coopératives, en régression de 32% par rapport à l’exercice précédent. Ceci est principalement lié à une baisse conjuguée des volumes et des cours.

Une sécurisation des débouchés
Face à un marché déprimé sur la campagne 2009/10, Vivadour a souhaité structurer au mieux ces filières. Le groupe aurait ainsi sécurisé 80% de ses débouchés sur une collecte moyenne annuelle de 500 000t de céréales. Selon Franck Clavier, « le fonctionnement à plein régime de l’usine d’éthanol ABF de Lacq (64), dont le groupe est actionnaire au travers d’Océol, a permis de fixer 500 000t de maïs sur le territoire ». Il a ensuite expliqué que « la filière aliment du bétail Soal, constituée par Maïsadour, Vivadour et Gascoval, a consommé près de 300 000t de céréales cette année ». Enfin, les contrats passés avec les amidonniers ont complété ces volumes.

Une commercialisation à la carte
Afin de permettre aux adhérents de profiter au mieux des opportunités de marchés, plusieurs formules de rémunération leur sont proposées. En premier lieu, le prix de campagne, construit par un prix d’acompte complété par des compléments de prix versés au fur et à mesure de la mise en marché de la collecte. Vient ensuite le contrat de dépôt, qui permet de vendre une partie de la récolte sur une période postérieure à la livraison. Et enfin, le contrat d’achat indexé Matif permet de fixer des prix sur une partie de la production avant la récolte. Pour déterminer le prix de campagne, « cinq personnes, dont trois ingénieurs agronomes formés à la finance, un responsable de la contractualisation et un administrateur, font l’interface entre les adhérents et le marché afin de maximiser le profit des agriculteurs », a expliqué Franck Clavier.