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Spiritueux/Privatisation Balle au centre pour la cession de Bialystock

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L’Etat polonais a dénoncé un pré-accord conclu avec le français Belvédère pour la reprise de la distillerie d’Etat Polmos Bialystock, relançant les espoirs de l’américain CEDC.

Quelle mouche a piqué le Trésor polonais ? Alors qu’on croyait la reprise de la distillerie d’Etat Polmos Bialystock acquise pour Sobieski Dystrybucja, la filiale locale du français Belvédère, le gouvernement a brutalement fait machine arrière le 10 juin.

Conséquence immédiate : les négociations reprennent entre l’Etat polonais et l’américain CEDC, concurrent direct de Belvédère. Ouvertes jusqu’au 17 juin, elles ne sont cependant pas exclusives. Jacques Rouvroy, président de Belvédère, a d’ailleurs été reçu le 13 juin au ministère du Trésor. «  Il ressort de ces entretiens que Sobieski Dystr. n’est évidemment pas écarté de la procédure de privatisation », a-t-il écrit à l’issue de cette réunion sur le forum Internet qu’il anime à l’intention de ses actionnaires.

Cette nouvelle péripétie s’ajoute aux multiples rebondissements intervenus depuis le lancement de la privatisation de Polmos Bialystock en janvier. Dernière surprise en date : le sort d’un accord entre Sobieski et le Trésor polonais, « paraphé » – et non signé – le 8 juin. Trois conditions sont alors posées à l’entrée de la distillerie d’Etat dans le groupe français : un accord social avec les syndicats, une vérification des comptes de Sobieski et le feu vert des autorités polonaises de la concurrence.

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Les employés polonais en grève

Le soir même, un communiqué du ministère souligne cependant que « le paraphe ne constitue pas une obligation pour le ministre du Trésor de l’Etat de conclure le contrat » (traduction Belvédère). Du côté des usines Polmos Bialystock, les syndicats protestent contre le choix du repreneur et déclenchent une grève. Ils craignent un cannibalisme entre leurs marques et celles déjà détenues par Sobieski, selon le journal Gazeta Wyborcza cité et traduit par Belvédère.

Dès le lendemain, l’Etat polonais constate l’échec des négociations avec Sobieski sans pour autant invoquer l’une des trois conditions suspensives prévues dans l’accord et rouvre les négociations avec CEDC. Jacques Rouvroy, qui voit le cours des actions de sa société sévèrement secoué, affirme même que CEDC a publié l’information avant que le ministère ne la rende officielle et dénonce des méthodes de « cow-boys ». Belvédère n’exclut pas un recours auprès de la Cour de justice européenne. William Carey, p. d.-g. du prétendant américain, déclare quant à lui : «  Nous espérons être capables de répondre positivement aux inquiétudes des employés de Polmos Bialystock et nous sommes prêts à leur offrir une solution juste et équitable. »

Les 61 % de Polmos Bialystock sont donc remis en jeu et les trois candidats restants (Belvédère-Sobieski, CEDC et Polmos Lublin) peuvent à nouveau présenter des offres au gouvernement polonais.