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Alors que les deux administrateurs judiciaires ont annoncé avoir lancé un appel d’offres allant jusqu’au 2 juillet pour une reprise globale du groupe, le tribunal de commerce a quelque peu desserré la corde autour du cou du volailler. Les juges consulaires de Quimper ont autorisé la cession de Stanven, une société spécialisée dans les pet-foods et jugée non stratégique pour le groupe. Ce sursis sera-t-il suffisant. Le compte à rebours est désormais lancé pour la survie de la société avec comme corolaire, de savoir si elle sera vendue en entier ou par appartements.
Répit pour la trésorerie
La vente à Saria, filiale du groupe Rethmann, spécialisée dans la valorisation de la biomasse de Stanven, société du groupe Doux, basée dans le Morbihan et spécialisée dans l’alimentation des animaux de compagnie, va lui rapporter 22 millions d’euros qui permettront de renflouer partiellement la trésorerie du groupe. Selon Yannick Duvergé, porte-parole du volailler, « cette cession permet de diviser par plus de deux son besoin bancaire pendant la période d’observation » qui court jusqu’à décembre et lui laissera un disponible de 19 millions dès le 28 juin au matin. Le problème du financement des besoins à court terme est cependant loin d’être réglé. Doux était lié depuis plusieurs années par un contrat d’affacturage avec Natixis Factor qui l’a constamment soutenu. La filiale de la banque Natixis était même prête à poursuivre son engagement dans le cadre du protocole que le CIRI s’apprêtait à formaliser avec les créanciers de Doux. Ce dernier a pourtant, sans prévenir dénoncé, sans préavis ce qui n’est pas contractuel, son engagement avec son factor historique et annoncé s’être engagé auprès de GE Factor. Cette volte face a incité Natixis Factor à une plus grande prudence dans la mise en place des financements des factures qui lui étaient cédées, demandant davantage de justificatifs. La position du factor est d’autant plus justifiée, selon un proche de la banque, que les cédants sont pour la plupart des grands comptes de la distribution qui ont pour pratique habituelle déduire un certain nombre de prestations (ristournes de fin d’année, participation aux promotions), factures qu’elles doivent. Le factor serait ainsi en attente de justificatifs pour un montant de 5 millions d’euros. Il dément le chiffre de 30 millions que Charles Doux dit bloqué. « Nous avons versé 35 millions d’euros à l’entreprise avant son placement en redressement et encore 9 millions ensuite», dénonce un porte-parole de Natixis. La même prudence animera, sans doute, GE Facto qui n’a pas souhaité s’exprimer.
Vers un démantèlement ?
Alors que la vente de Stanven était officialisée, l’administrateur judiciaire Maître Valliot annonçait avoir « organisé un dépôt d’offres pour le 2 juillet » auprès du tribunal de Quimper en précisant que le choix du repreneur serait décidé à la fin du mois de juillet. Le nom de plusieurs repreneurs circule, tant parmi les concurrents comme LDC, Duc (qui n’a pas caché la semaine dernière être à la recherche d’acquisitions sans citer de nom), ou Gastronome, filiale du groupe coopératif Terrena. La société Glon (Sofiprotéol), très présente dans la filière volaille, tant par l’aliment que par les œufs, pourrait également manifester son intérêt. Officiellement, les pouvoirs publics et les organisations syndicales agricoles disent rechercher une solution de reprise globale, écartant toute vente par appartement. Ce point de vue est loin d’être partagé par les syndicats qui voient dans la cession de Stanven, un premier pas vers un démantèlement. Un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire doit se tenir vendredi matin au siège de Doux à Châteaulin (Finistère). La situation de l’entreprise, l’éventuelle mise en chômage technique de certains salariés et l’adoption d’un calendrier d’information aux organisations syndicales, sont à l’ordre du jour de ce CCE. Une manifestation est également annoncée, par l’intersyndicale à l’appel de la CFDT pour le 30 juin à Vannes. Jean-Luc Guillart, son représentant se dit plus que pessimiste, dénonçant l’absence totale d’information des salariés « qui subissent une réelle torture » et redoute de plus en plus une mise en pièces du groupe.
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