Depuis que Carlsberg et Heineken ont proposé de se liguer pour acquérir Scottish & Newcastle (S&N), le torchon brûle entre le brasseur britannique et le groupe danois. Objet de friction, leur participation commune dans la co-entreprise Baltic Beverage Holding en Russie et sa marque-phare, la bière Baltika.
Dernier avatar de l’affaire qui oppose le brasseur britannique Scottish & Newcastle (S&N) et le danois Carlsberg, S&N vient de détailler ses griefs contre Carlsberg, et assuré qu’il obtiendrait le contrôle complet de BBH au terme d’une la procédure arbitrale qui oppose les deux groupes et dont la décision n’interviendra que début juillet 2008. S&N avait présenté une plainte au tribunal arbitral de Stockholm, chargé de régler le conflit qui l’oppose à Carlsberg, dont il veut récupérer la part de 50% dans Baltic Beverages Holding (BBH).
Le Britannique accuse son concurrent danois d’avoir exploité de manière non autorisée des informations confidentielles concernant BBH, d’avoir manqué à son obligation de loyauté imposée par le pacte d’actionnaires de la coentreprise, d’avoir refusé de lui céder sa participation en violation des statuts de celle-ci, et d’avoir par ses actions porté atteinte à leur filiale commune.
Pour le groupe britannique l’obtention du contrôle complet de BBH et son rapprochement avec ses autres activités permettrait de dégager des synergies de l’ordre de 100 millions de livres par an. Pour ce faire il se dit prêt à faire entrer un investisseur minoritaire au capital de BBH pour financer le rachat des parts de Carlsberg, ce nouvel actionnaire ne devant toutefois pas détenir plus du quart de l’entreprise.
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Carlsberg défend l’intérêt de son offre
En réaction, Carlsberg a rejeté en bloc les accusations de S&N: « S&N continue à faire avancer une plainte absolument sans fondement, au lieu de se concentrer sur la proposition de rachat du consortium (formé par Carlberg et Heineken, ndlr), qui est aujourd’hui le seul moyen pour les actionnaires de S&N de maximiser la valeur de leur investissement », a commenté Jorgen Buhl Rasmussen, le p.-d.g. du groupe danois.
Carlsberg et le néerlandais Heineken ont proposé de racheter ensemble S&N, au prix de 9,7 milliards de livres dette comprise (soit 13,7 milliards d’euros) et en cas de succès, le Danois se réserve les 50 % de S&N dans BBH, en plus des activités grecques et françaises du britannique, dont Kronenbourg, numéro un en France avec une part de marché de 35%. S&N a rejeté fermement cette offre d’acquisition, affirmant que le montant offert sous-estimait grossièrement sa valeur et que ce projet visait à s’emparer de son portefeuille d’actifs (et notamment BBH) à vil prix. Le britannique considère qu’en voulant mettre la main sur lui, Carlsberg a violé l’accord les liant au sein de BBH et qu’il donc est en droit de le forcer à lui vendre ses parts.