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Bambou : Horizom veut planter 300 hectares

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La culture du bambou est une filière très jeune en France mais, semblerait-il, pleine d’avenir, portée notamment par l’entreprise lyonnaise Horizom.

Le bambou commence à émerger comme une solution de diversification pour les agriculteurs, qui présente des avantages en termes de séquestration de carbone et de production de biomasse. Ses usages sont en effet multiples : énergie, bio plastique, panneau de particules, isolation… Culture pérenne demandant peu d’interventions et peu d’intrants, le bambou est résilient face aux aléas climatiques et participerait à la régénération des sols et des nappes tout en luttant contre l’érosion. Autre argument de choc, il est productif pendant au moins 25 ans, sans replantation. « Les industriels sont en recherche de matières nouvelles. D’une part, pour assurer la transition avec le plastique et d’autre part, parce que la ressource bois n’est pas suffisante pour assurer certains nouveaux besoins », explique Dimitri Guyot, responsable technique et cofondateur d’Horizom, entreprise basée à Lyon qui promeut cette culture. L’entreprise vise cette année à planter environ 300 hectares de bambouseraies en partenariat avec les agriculteurs (10 hectares en 2023).

Équilibrer la répartition de valeur

« Nous apportons notre expertise durant toute la durée de vie des bambouseraies, du montage de projet jusqu’à la valorisation, explique Dimitri Guyot. Notre prestation à 8 000 €/ha inclut 400 plants de 1 m 50 de haut conditionnés en pots de 10 litres, ainsi que toute la phase d’étude de faisabilité ». À la plantation, il faut ajouter un coût d’irrigation d’environ 4 000 euros par hectare et jusqu’à la première récolte (cinq ans plus tard), des charges d’exploitation s’établissant à 1 000 euros par hectare et par an, selon l’entreprise. Cela peut paraître beaucoup. Mais Horizom a développé un système de rétribution en face : « Nous recherchons une répartition de la valeur la plus équilibrée possible », poursuit-il.

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À cause de son intérêt écologique, la production de bambou est éligible au marché de la compensation carbone. « Dès la première année, l’agriculteur peut compter sur les crédits CO2, ce qui peut représenter 7 000 euros l’hectare, répartis sur les premières années. Cela lui permet d’engager le remboursement de son investissement », précise le cofondateur d’Horizom. L’entreprise prélève une commission de 30 %. Une fois la récolte assurée et le broyât constitué en plaquette forestière, Horizom assure un revenu minimum négocié avec l’agriculteur : « Nous ne sommes pas de simples revendeurs. Nous mettons en relation le producteur avec un industriel intéressé. Nous prenons une commission de 10 % sur le prix de vente de la biomasse, ce qui signifie que 90 % reviennent en plus au producteur ».

Une bambouseraie séquestre entre 200 et 300 tonnes de CO2/ha sur 20 ans.