Si elle a réussi à faire cesser la campagne de communication lancée au Salon de l’agriculture par l’interprofession de la banane (UGPBAN), la filière bio estime qu’il faut aller plus loin et « rétablir quelques vérités ». Par la voix de la Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique) et le Grab Martinique (Groupement régional des agriculteurs bio), elle dénonce, dans un communiqué du 14 mars l’« entreprise de désinformation » menée par l’UGPBAN, qui affirme que la banane conventionnelle française est « mieux que bio » (par rapport au bio importé).
La Fnab et le Grab Martinique rappellent que les cahiers des charges des pays fournisseurs de bananes bio (République dominicaine et Équateur notamment) ont été « jugés équivalents au label bio européen par la Commission européenne » et que des organismes certificateurs indépendants effectuent des contrôles réguliers. Pour la filière bio, en s’attaquant aux bananes bio, l’UGPBAN, qui « importe, fournit et finance directement tous les pesticides et fertilisants artificiels non-bio », souhaite « maintenir les parts de marché de la banane conventionnelle ». La Fnab pointe du doigt les incohérences de l’UGPBAN, qui tout en s’attaquant à la banane bio de République dominicaine, est également… « le plus grand importateur » de ces mêmes bananes bio en France : environ 800 tonnes par semaine.
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La Fnab appelle l’État à « prendre ses responsabilités pour développer la filière bio […] en réorientant les subventions agricoles et agri-environnementales », d’autant plus que selon la Fnab, contrairement aux dires de l’UGPBAN, il existe une « production conséquente de banane bio martiniquaise certifiée […] prête pour l’export depuis 2015 ».