Une nouvelle variété de bananier mise en culture en Guadeloupe et Martinique devrait permettre de se passer de traitement fongique. Si les tests à grande échelle sont un succès, une production de banane bio française conséquente pourrait voir le jour.
Lors d’une conférence de presse le 26 février sur la Salon de l’agriculture, l’Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBan) a annoncé l’implantation de 40 ha d’une nouvelle variété de bananier qui pourrait être cultivée en agriculture biologique. Cette variété, développée par le Cirad, a pour particularité de résister à la cercosporiose noire. « Nous nous donnons un an pour tester si c’est faisable économiquement », indique David Dural directeur de l’Institut technique tropical (IT²). Prénommée pour l’instant Cirad 925, le nom définitif de la variété est soumis au vote du public tout au long du salon. Durant les années de conversion à l’agriculture biologique, les bananes seront vendues sous label zéro résidu de pesticide.
L’apport d’engrais organique, principale difficulté
Si la variété convainc les producteurs, les plantations seront homologuées en bio dans un délai de un à trois an, selon la durée de la jachère avant l’implantation des bananiers. L’apport d’engrais organique serait alors la principale difficulté de l’itinéraire cultural. « Il faut que nous travaillions avec la société civile pour augmenter la production de matière organique », prévoit David Dural. Autre caractéristique de cette banane, elle marque très vite, ce qui pourrait poser des problèmes de manutention. Les membres de l’UGPBan travaillent activement sur cet aspect. « À un moment il fallait lancer la culture à grande échelle pour avoir une vraie idée du potentiel de cette variété », avance le directeur de l’IT².
Distribuée en circuits spécialisés
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En métropole, elle sera commercialisée dans les circuits de distribution spécialisés type Biocoop. Son prix devrait être fixé au poids, contrairement au produit emblématique « la Banane Française » vendu à la main. Cette production pourrait permettre aux producteurs français de se positionner sur le secteur du bio avec lequel ils n’ont pas toujours entretenu les meilleures relations. Après avoir affiché le message « la Banane Française, mieux que bio c’est possible » lors du Sia 2018, l’UGPBan a notamment perdu le procès qui l’opposait aux importateurs de bananes bio étrangères. « Nous n’avons pas perdu car nous disions qu’ils faisaient du faux bio, mais pour l’utilisation du mot bio », précise le président Eric de Lucy, particulièrement remonté sur le sujet.
« Nous nous donnons un an pour tester si c’est faisable économiquement »
Bientôt une banane Disney dans les étals
L’UGPBan a lancé sur le Salon de l’agriculture une banane destinée aux enfants en partenariat avec Disney. Il s’agit en fait de fruits plus petits, qui sont habituellement retirés du régime. Un partenariat a été passé avec Disney à cette occasion. Des visuels de Mickey dans trois postures différentes ont été ajoutés sur le bandeau tricolore qui démarque la banane française. Ce produit de 130 g sera vendu au même prix que la banane classique de 180 g. Les producteurs annoncent une première production de 6 000 tonnes en 2019, sur une production totale de 200 000 tonnes en Guadeloupe et Martinique.