Le président de la République s’est inscrit dans un scénario – et pour partie un discours – peu ou prou déjà vu : un réel malaise agricole et des problèmes de revenus ; des manifestations sur toute la France ; une réponse publique avec un plan d’aides conséquent. Mais il y a, dans ce plan, une innovation de grande importance : le rôle dévolu aux banques pour mettre en œuvre l’essentiel du dispositif. Près des deux tiers du total consistera en prêts plus ou moins bonifiés par l’État et distribué par les banques. Pour faire en sorte d’aller vite, d’éviter le syndrome Klaus (la tempête donnant lieu à des aides n’arrivant que six mois plus tard dans les exploitations) la solution a été trouvée de donner une large responsabilité aux banques pour attribuer, au cas par cas, des prêts.
On oublie les procédures longues de définition de critères précis, d’instruction de dossiers par des DDA ou des Draf et on « privatise, » en quelque sorte, la politique de soutien des exploitations.
Une convention sera sans doute signée entre les banques et l’État. Quelques règles seront définies, concernant le niveau d’excédent brut d’exploitation ou le niveau d’endettement. Pour le reste, les banques – c’est-à-dire le Crédit agricole pour l’essentiel avec ses 80 % de part de marché dans l’agriculture – auront la main. Les caisses locales auront une responsabilité considérable : à qui elles accorderont ces prêts, avec quelles garanties demandées, pour quel montant, quel taux, etc ? De quoi faire des jaloux. Dans les milieux syndicaux, on se promet de suivre attentivement l’attitude des banques.
En somme, une nouvelle forme d’interventionnisme de l’État a été inventée. L’action déléguée aux banques. À l’heure où Nicolas Sarkozy ne parle que de les mettre au pas, cela ne manque pas de hardiesse !

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Innovation
Suivi
Suivre
manifestations
Suivi
Suivre