Barack Obama s’est engagé à limiter les subventions directes accordées aux grandes exploitations américaines. Dans l’arsenal des soutiens agricoles, ces aides ne sont toutefois pas celles qui faussent le plus les échanges.
Le président américain a annoncé le 24 février au Congrès son intention de « mettre fin aux paiements directs aux grosses entreprises agricoles qui n’en ont pas besoin » dans le cadre du budget 2010. Cette catégorie d’aides, d’un montant global d’environ 5,2 milliards de dollars, est octroyée indépendamment du type de production et des prix. Elle bénéficie en particulier aux producteurs de riz et de coton des Etats du sud.
Selon certains analystes, l’administration Obama envisagerait de plafonner le paiement direct à 40 000 dollars par an, soit une réduction de moitié par rapport au niveau actuel.
Un « bon pas en avant » pour le cycle de Doha
Le total des subventions aux cultures et à la production laitière ne devrait pas dépasser 7,5 milliards de dollars cette année, du fait de prix relativement fermes. En 2005, lorsque les prix étaient bas, les agriculteurs avaient perçu plus de 16,4 milliards de dollars d’aides, un chiffre au demeurant très au-dessous de la limite fixée pour l’instant par l’OMC.
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Réagissant à l’annonce du président américain, le ministre canadien de l’agriculture, Gerry Ritz, a estimé que la limitation des subventions directes accordées aux grandes exploitations aux Etats-Unis était « un bon pas en avant » pour raviver les négociations du cycle de Doha.
« C’est un des aspects, a-t-il commenté. Sur la liste des dix questions prioritaires, c’est l’une d’elles ».
Les paiements directs visés par Barack Obama ne sont pas les soutiens américains qui faussent le plus les échanges. Ils sont moins porteurs de distorsions que d’autres subventions qui augmentent lorsque les prix chutent ou lorsque les récoltes sont mauvaises.