En dix ans, l'agriculture n'a cessé de décliner dans le bassin-versant du Tescou, mais elle reste le principal moteur socio-économique du territoire.
Quel est le paysage agricole dans le bassin du Tescou?
738 exploitations étaient présentes sur le bassin du Tescou en 2010, exploitant une moyenne de 40 hectares. Dix ans plus tôt, elles étaient 1038. La surface agricole utile totale est en baisse, de 31 000 hectares (ha) en 2000 contre 28 700 en 2010. Les fermes de polyculture-élevage sont celles qui ont le plus décliné (-52%), suivis des fermes d'élevage bovin et ovin (-50%) puis des exploitations viticoles (-43%). Les productions liées à l'élevage (prairies, maïs fourrage) ont aussi diminué.
Les exploitations en grandes cultures prédominent (40% du nombre total), une tendance stable. Le maïs est en régression de 2 800 ha en 2000 contre 1 670 ha en 2010. Même tendance pour les cultures spécialisées (vergers et légumes).
Quelle est la surface irriguée ?
Les surfaces irriguées dans le bassin-versant ont diminué de 5 700 hectares (18,5% de la SAU totale du bassin-versant) à 3 800 hectares (12,5% de la SAU totale) entre 2000 et 2010. Au contraire, les cultures sèches ou faiblement irriguées ont progressé. Il s'agit des céréales à paille, du sorgho, du tournesol.
Quel est l'historique du projet ?
Le projet controversé de barrage de Sivens (Tarn) a été envisagé dès les années 1980 pour pallier le manque d'eau dans la rivière Tescou, mais c'est en 2004 qu'il a pris corps.
Dix ans plus tard, début octobre 2013, les arrêtés de déclaration d'utilité publique et d'intérêt général du barrage de Sivens sont publiés. C'est aussi le début de l'occupation du site par les opposants. Un an plus tard, le 1er septembre 2014, les travaux de déboisement commencent. Le mois d'octobre est rythmé par les heurts de plus en plus musclés entre opposants et forces de l'ordre. Le 26 octobre, un jeune militant écologiste est tué sur le lieu des affrontements. Le 31 octobre 2014, le conseil général du Tarn, porteur de projet, officialise la suspension des travaux.
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De quel ouvrage parle-t-on ?
Il s'agit d'une retenue d'eau, un ouvrage collectif. C'est une digue de 315 mètres de longueur et de 12 mètres de hauteur. La capacité de stockage est de 1,5 million de mètres cubes. Selon les experts du ministère de l'Ecologie, il y a entre 185 et 198 retenues collinaires individuelles dans le bassin versant du Tescou. En cumulé, cela correspond à une capacité de stockage de 4,5 millions de mètres cubes d'eau.
Quels sont les travaux nécessaires ?
Un défrichement de 34 hectares, la déviation d'un chemin départemental, de deux chemins ruraux et la desserte des parcelles riveraines. Les experts prévoient deux années de travaux.
Combien d'agriculteurs sont bénéficiaires du projet ?
Ce nombre est difficile à estimer. La Chambre d'agriculture du Tarn compte 82 fermes concernées. Le rapport des experts du ministère de l'Ecologie compte une quarantaine de bénéficiaires, les opposants au barrage, une vingtaine.
Combien coûte le projet ?
Le projet coûte 8,8 millions d'euros. Le projet est financé à 40% par un fonds européen, à 40% par l'Agence de l'eau Adour-Garonne et à 20% par le Conseil général du Tarn.