Le chimiste BASF a confirmé le 29 octobre des investissements importants en recherche et développement dans les « solutions pour l’agriculture ». Pour 2015-2016, la branche française poursuit son engagement en matière de durabilité.
« L’agriculture reste une priorité pour le groupe », a déclaré le directeur général de BASF France Agro Nicolas Kerfant. Comme tout ce qui touche à « la nutrition au sens large, c’est un secteur d’avenir où il faut investir énormément », d’après lui.
Certains concurrents tiennent un discours bien différent. DuPont, face à un recul d’activité, a reconnu quelques jours plus tôt discuter la fusion de sa branche d’agrochimie avec ses rivaux. Moins d’une semaine avant, Dow Chemical a dit étudier toutes les options pour sa filiale dédiée à l’agriculture. La chute du prix des commodités donne naissance à des perspectives de consolidation dans le secteur des phytos.
BASF a dit consacrer plus d’un tiers de ses dépenses en R&D, soit plus de 700 millions d’euros, aux « solutions pour l’agriculture » et à la recherche fondamentale agricole. Une proportion élevée, au regard du poids de cette branche qui représente environ 9 % du chiffre d’affaires du groupe. Les dépenses de R&D pour la seule activité de protection des cultures ont augmenté de 53 % entre 2006 et 2014, pour atteindre 511 millions d’euros.
Pression sociétale
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« Sur les trois premiers trimestres de 2015, BASF continue d’afficher une croissance respectable de son chiffre d’affaires », a souligné Nicolas Kerfant. Les « solutions pour l’agriculture » ont vu leurs ventes progresser de 8 % au premier semestre, à 3,6 Mrd d’euros.
Dressant un bilan de la campagne 2014-2015 dans l’Hexagone, le groupe a fait état d’un marché des phytos stable en volume, malgré une pression parasitaire plus faible.
Les orientations stratégiques de BASF Agro France restent marquées en protection des cultures par « un contexte sous pression sociétale forte, particulièrement à l’échelle nationale, avec aussi plus de réglementation et de précaution », a indiqué le directeur Agriculture durable et Communication Bertrand Debret. Sur 2015-16, l’entreprise a pour ambition d’« être au service de la performance durable de l’agriculteur de demain ». Il s’agit de poursuivre le développement de solutions au sens large : produits conventionnels, méthodes complémentaires (itinéraires culturaux, biocontrôle…), outils d’aide à la décision, expertises, formations.
Investissement dans le biocontrôle
« Le biocontrôle est trop souvent présenté comme une alternative, a regretté Nicolas Kerfant. En fait, ça ne peut être que complémentaire. » Il a chiffré le segment entre 4 et 5 % du marché, avec une croissance de 1 % par an. Selon les données BASF, des progressions significatives ont eu lieu en 2014-2015. Les médiateurs chimiques en vigne affichent +18 %, les trichogrammes pour maïs restent stables à 22 % des surfaces traitées contre la pyrale, les substances naturelles destinées aux céréales gagnent 30 %, les micro-organismes pour colza représentent 6 % des surfaces.
BASF a annoncé des investissements dans le biocontrôle en application sol et foliaire, ainsi qu’en solutions pour les semences dans le monde entier. En 2016, un nouveau centre de recherche en Allemagne sera dédié aux solutions pour les semences et au biocontrôle, à Limburgerhof. D’autres investissements, « à échelle plus modeste », sont prévus en Inde, en Afrique du Sud, en Chine.