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Protection des plantes Bayer affiche son ambition dans le biocontrôle

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Le spécialiste de la protection des plantes Bayer CropScience prévoit de nouveaux investissements dans le biocontrôle, après les lourdes dépenses déjà engagées lors des deux dernières années. Objectif : que l'activité pèse 5 à 8 % de son chiffre d'affaires d'ici 2020.

«O N a une ambition forte dans le biocontrôle », a expliqué la directrice des affaires scientifiques Marie-Claire Grosjean, le 4 juin en conférence de presse. « Sur les trois à cinq ans à venir, Bayer CropScience est prêt à y investir beaucoup plus que son chiffre d'affaires » dans l'Hexagone, soit 593 millions d'euros en 2013. Il s'agit notamment de développer des solutions en grandes cultures. Pour l'heure, la filiale française pèse environ 1 million d'euros dans le biocontrôle, sur un marché national chiffré autour de 50 millions. Le secteur est évalué à 2 milliards de dollars dans le monde, selon Bayer, qui chiffre le potentiel à 6 milliards en 2020. Au cours des deux dernières années, Bayer CropScience (BCS) a déjà investi « largement » plus de 500 millions d'euros dans le biocontrôle au niveau international, a expliqué le président Franck Garnier, soulignant qu'il s'agit d'investissements de « long terme ». Une grande partie de cette somme a été consacrée au rachat de l'entreprise américaine Agraquest, spécialisée dans la sélection et la production de bactéries. Autres acquisitions, celle de la société allemande Prophyta (agents fongiques) et de l'argentine Bioagro (micro-organismes stimulateurs de la croissance des plantes). BCS n'a pas exclu l'éventualité d'autres acquisitions « si elles nous permettent d'aller plus vite » dans le développement de ce secteur. « L'objectif est que le biocontrôle atteigne 5 à 8 % de notre activité d'ici à 2020 », a expliqué Marie-Claire Grosjean.

Premières lignées de blé en vue

Bayer entend développer de l'innovation dans le biocontrôle, ainsi qu'en chimie, outils et services, semences et traits. Dans ce dernier domaine, la station de sélection de blé à Milly-la-Forêt (Essonne) devrait sortir les premières lignées entre 2018 et 2022, avec comme priorités d'augmenter le rendement, l'efficience de l'assimilation de l'azote, la résistance aux maladies, à la sécheresse et à la chaleur. Quant aux hybrides, leur lancement est prévu au début de la deuxième décennie.

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Le groupe investit plus de 10 % de son chiffre d'affaires en recherche et développement, et la proportion est encore plus grande pour la branche France (70-80 millions d'euros par an).

Le frein politico-réglementaire

« L'innovation est essentielle pour Bayer mais il nous semble qu'en Europe et en France, elle est bloquée par un contexte politico-réglementaire extrêmement contraignant », a souligné Franck Garnier, parlant d'une « surréaction » en France sur la réglementation liée aux produits phytosanitaires. La France « prend des initiatives qui vont au-delà de la réglementation européenne » dans ce domaine, a regretté Benoît Rabilloud, directeur général adjoint. « Nous demandons que le cadre réglementaire soit basé sur la science et pas sur la peur et des traductions politiques d'inquiétudes sociétales », a ajouté Franck Garnier. Selon lui, les phytosanitaires « sont les plus encadrés de l'ensemble des produits chimiques ».