Abonné

Phytos Bayer CropScience France redoute les effets du Grenelle

- - 3 min

Bayer CropScience mise plus que jamais sur l’innovation pour se développer. La société s’apprête à investir de gros budgets en recherche et développement au niveau mondial. Elle souhaite que ses nouveautés puissent alimenter le marché français. Grenelle ou pas Grenelle.

Le Grenelle de l’environnement et ses possibles conséquences inquiètent le monde de l’industrie phyto. Bayer Cropscience France ne fait pas exception. « Sur les 264 nouveaux usages que nous avons homologués en Europe en 2006, seuls 4 concernaient la France », a rappelé Franck Garnier, directeur général de la société, en conférence de presse à Lyon, le 25 septembre. Il ne faudrait pas que la procédure d’homologation française jugée déjà très restrictive par rapport aux autres pays européens se durcisse. « Ça ne me gêne pas que l’on parle de réduire les quantités de produits, mais il faudrait que l’on parle du comment », a expliqué le dirigeant en marge de la conférence.

Bannir des produits ne sert à rien

Et pour ce professionnel, le « comment » revient à laisser arriver l’innovation sur le marché. Sans quoi, les agriculteurs se verront pousser vers des impasses agronomiques, faute de produits adaptés, ce qui pourrait coûter cher dans un contexte où l’offre ne parvient pas à satisfaire la demande. « Nous sommes contre ce type de raisonnement quantitatif », a indiqué Franck Garnier. « Utiliser l’indice de fréquence de traitement ne peut pas marcher dans un pays où il existe une telle diversité de cultures », a pour sa part fait remarquer Pascal Housset, le président du directoire. Quant à interdire des produits, les dirigeants de la société estiment l’idée contre-productive. « Certains produits sont bannis au Danemark, a signalé Jacques Du Puy, directeur de la région Europe/Turquie, Afrique, Moyen-Orient, CEI. Mais depuis plusieurs années, ils font régulièrement l’objet d’autorisations exceptionnelles ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

recherche et développement
Suivi
Suivre
industrie
Suivi
Suivre

750 millions d’euros pour la recherche en 2015

Bayer CropScience souhaite donc avant toute chose que de nouvelles matières actives plus performantes puissent régulièrement entrer sur le marché en remplacement de celles qui en sortent. Logique : dans sa stratégie mondiale, l’entreprise fait la part belle à la recherche. « Nous allons nous doter de l’un des plus puissants budgets de l’industrie, a précisé Friedrich Berschauer, le responsable de Bayer CropScience, lors d’une conférence de presse internationale qui s’est déroulée le 6 septembre à Monheim. Notre intention est de faire passer nos dépenses de recherche et développement de 600 millions d’euros en 2005 à quelques 750 millions d’euros en 2015 ». Entre 2000 et 2005, la société a mis en marché 16 nouvelles matières actives et compte en lancer quatre nouvelles entre 2006 et 2008. 10 molécules sont dans leur phase finale de développement. Elles devraient être introduites sur le marché entre 2008 et 2012. « Nous voulons contribuer par notre innovation au bilan alimentaire mondial », a indiqué Pascal Housset, président du directoire de Bayer CropScience SA, le 25 septembre.

La France, premier marché européen

« Si nous devions faire face à une fin de non-recevoir pour l’innovation, nous serions obligés de revoir notre implication en France », a indiqué Jacques Du Puy, évoquant le pire des scénarios. Une décision non neutre pour l’entreprise : avec 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, la France représente aujourd’hui 25 % du marché européen, le vieux continent totalisant tout de même un tiers des ventes mondiales.