Bayer CropScience France a annoncé le 9 mars avoir saisi le jour même la Chambre criminelle de la cour de Cassation de Paris d’une requête en suspicion légitime à l’encontre du juge Guary (instruction de Saint-Gaudens). «Cette action en justice se fonde sur l’existence de soupçons sérieux de partialité», précise un communiqué. Ce qui a fait le plus réagir les dirigeants de Bayer est le fait que Philippe de Villiers ait «reproduit en intégralité des procès verbaux du dossier d’instruction», dans un livre sur le sujet. Les soupçons portent également sur « la désignation systématique d’experts proches des milieux apicoles». L’Union nationale de l'apiculture française (Unaf) a réagi en précisant que «le juge ne s’est jamais exprimé en aucune manière sur le sujet». Elle précise que les parties civiles ne sont pas tenues au secret de l'instruction et peuvent communiquer sur les informations qui leur sont accessibles. Elle voit dans la procédure de Bayer un moyen «d’intimider» en raison d’une «incapacité à présenter une défense crédible». Tous les apiculteurs expriment dans un communiqué leur «profonde indignation devant cette scandaleuse attaque dirigée contre la personne d’un magistrat exemplaire».