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Stratégie Bayer CropScience multiplie par deux ses investissements

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Une forte demande pour ses produits amène Bayer CropScience à investir 2,4 milliards d’euros en extensions de capacités sur 2013/16. Il s’agit notamment de répondre au problème croissant de résistance aux herbicides.

«Bayer CropScience est optimiste pour l’avenir, a déclaré son p.-d.g. Liam Condon en conférence de presse le 5 septembre à Monheim (Allemagne). Notre marché va continuer de croître. » Le spécialiste de la protection des cultures et en semences revoit à la hausse son programme d’investissements. 2,4 milliards d’euros seront consacrés à l’extension de ses capacités entre 2013 et 2016, soit un quasi doublement des dépenses prévues au départ. « L’augmentation de la population mondiale, l’évolution des habitudes alimentaires et l’instabilité croissante des phénomènes météorologiques ont des répercussions sur l’approvisionnement en denrées alimentaires. Il est essentiel d’aborder ces défis maintenant », a expliqué le p.-d.g. devant une bonne centaine de journalistes venus du monde entier.
 
Une nouvelle usine aux Etats-Unis
C’est aux Etats-Unis que la plus grosse dépense intervient. Bayer CropScience annonce la construction d’une nouvelle usine à Mobile (Alabama) pour fabriquer du glufosinate d’ammonium, un herbicide vendu outre-Atlantique sous la marque Liberty. 380 millions d’euros y seront consacrés, avec un lancement au quatrième trimestre 2015. Le plus important chantier dans l’histoire de l’entreprise de Monheim. Il répond à une demande pressante du marché. 50 % des agriculteurs américains connaissent un problème de résistance des mauvaises herbes, selon une enquête de 2012. Liberty est le seul herbicide non sélectif capable d’enrayer le développement des adventices tolérantes au produit phare, le glyphosate, d’après Bayer. « La résistance des mauvaises herbes est un phénomène mondial, qui va en empirant », a souligné Hermann Stübler, en charge de la recherche dans ce domaine. D’après lui, 60 % des modes d’actions herbicides se heurtent au problème.
 
L’agriculture basée sur une approche globale
La solution proposée est celle d’une approche globale. Bayer CropScience encourage la rotation des cultures, l’utilisation d’herbicides offrant divers modes d’action, une alternance des traits agronomiques tolérants. « La diversité est la clé pour garantir une agriculture durable, a estimé Liam Condon. Aucune stratégie n’est parfaite si elle est appliquée seule. » Une déclaration lancée avec l’appel à une « nouvelle révolution agricole. ». Ses fondements : l’innovation et la durabilité. « L’agriculture a besoin des meilleures technologies disponibles », a-t-il insisté. Le p.-d.g. s’est déclaré ouvert à de nouvelles collaborations avec des entreprises, structures gouvernementales, ONG. Bayer CropScience développe déjà un partenariat avec Monsanto basé sur le transfert de technologies.
 
Développement de l’activité semencière
Parallèlement à l’extension de ses capacités en protection des cultures, l’entreprise veut conquérir des parts de marché en semences de blé et soja. « Le blé reste une plante complexe, dont il est difficile d’accroître le rendement », a admis Liam Condon. Bayer CropScience espère y arriver à l’aide d’un réseau de sept centres de sélection, notamment en Europe. Les premières variétés sont prévues à l’horizon 2015. L’entreprise a aussi l’idée de mettre en place une offre intégrée, depuis la semence jusqu’à la protection des cultures. Stratégie qui lui a permis d’atteindre au Canada 50 % de parts de marché du canola.

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