Bayer prévoit d'augmenter à 1 milliard d'euros par an ses investissements en R&D dans la protection des cultures et les semences, notamment pour accroître la productivité du blé. Les premières semences sont annoncées pour l'an prochain en Europe de l'Est.
« En réponse à une demande soutenue, nous développons nos installations et augmentons nos investissements en recherche et développement », a expliqué le p.-d.g. Liam Condon en conférence de presse le 17 septembre à Monheim (Allemagne). L'entreprise table sur une croissance du marché mondial des pesticides, semences et traits à environ 100 milliards d'euros d'ici à 2020, contre 50 milliards en 2008.
Bayer CropScience a dépensé en R&D 858 millions d'euros l'an dernier et prévoit de grimper à environ 950 millions en 2014.
« Les agriculteurs sont en permanence confrontés à de nouveaux défis, notamment les menaces qui pèsent sur la sécurité alimentaire mondiale », a souligné Liam Condon, en évoquant par exemple les « écarts croissants en matière de productivité du blé à l'échelle mondiale. »
1,5 Mrd d'euros pour l'innovation dans le blé
Un programme d'investissement de 1,5 milliard d'euros sur dix ans est engagé pour la R&D en blé jusqu'à l'horizon 2020. Cela porte à la fois sur la protection des cultures, les semences et les traits. « Sur les vingt dernières années, la productivité globale du blé s'est accrue de seulement 1 % par an, a constaté Liam Condon. Il existe un vrai potentiel de hausse. »
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Bayer s'appuie sur 7 stations de sélection de variétés de blé réparties dans les principales zones de culture du monde, l'une étant basée à Milly-la-Forêt (Essonne). Les premières semences doivent être commercialisées l'an prochain en Europe de l'Est. Quant aux variétés hybrides, leur lancement est prévu après 2020.
Dialogue avec la société
En parallèle, le groupe allemand intensifie ses échanges avec le grand public. La réussite des innovations dans l'agriculture en dépend, selon lui. Il s'agit de souligner « la nécessité et les avantages de la science et de l'innovation dans l'agriculture », explique un communiqué. Avec notamment l'espoir de bénéficier d'un environnement réglementaire moins défavorable.
« Ce n'est pas que la réglementation nous apparaît de plus en plus rigide au sein de l'Union européenne, a estimé Liam Condon. Elle est de moins en moins fiable. Or, on travaille sur le long terme, ce qui nécessite un environnement stable, avec une réglementation claire et pas sujette à des erreurs d'interprétation. Bayer a besoin d'engager un dialogue avec la société. Certaines décisions réglementaires sont plus politiques que fondées sur des bases scientifiques. »
Bayer CropScience met notamment en place le réseau social Farming's Future Dialogues, sorte de forum de discussion sur les thèmes agricoles. Des fermes modèles sont mises en avant. L'entreprise offre aussi des bourses d'études pour soutenir les étudiants porteurs d'idées innovantes en agriculture.