Bayer vient d’ouvrir un pôle de recherche en biotechnologies à Gand, en Belgique. Une manière d’affirmer que la firme espère encore le développement des biotechnologies sur le Vieux Continent, même si l’essentiel du chiffre d’affaires est réalisé hors de l’Europe. L’investissement dans la génomique reste modeste comparé au chiffre d’affaires de l’entreprise. Bayer, présent sur le marché du coton et du colza OGM, prévoit de développer des variétés présentant des intérêts pour les consommateurs et les industriels, et plus seulement pour les agriculteurs.
A ceux qui pronostiquent le départ des firmes de biotechnologies hors de l’Europe, Bayer a apporté un démenti en inaugurant le 16 septembre un important centre de recherche à Gand (Belgique). Les installations de Bayer Bioscience, filiale de Bayer Cropscience, ont coûté pas moins de 20 millions d’euros. Bioscience prévoit d’investir en 2004 près de 85 millions d’euros en recherche et développement, pour un chiffre d’affaires de 275 millions d’euros. Ce qui reste bien modeste comparé aux 5,8 milliards d’euros de chiffre d’affaire réalisés par Bayer Cropscience en 2003. L’investissement reste donc raisonné, la firme n’ayant pas contrairement à d’autres choisi de miser tout son développement sur les biotechnologies. Comme l’explique un cadre de Bayer, « il est assez difficile d’être optimiste sur les OGM en Europe aujourd’hui ».
Un quart du marché américain du coton
De fait, Bayer réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires en biotechnologies en Amérique du Nord. Son meilleur succès commercial à ce jour est le coton Fibermax, lancé en 2000, qui représente aujourd’hui 24% des surfaces de coton aux Etats-Unis, premier producteur mondial. Un succès principalement lié à la qualité génétique de la variété conventionnelle puisque le Fibermax n’est pas, en soi, transgénique. Pour les variétés résistantes aux herbicides et aux insecticides, Bayer utilise les brevets de Monsanto. « On n’a pas accès au marché du coton aux Etats-Unis si on ne propose pas des variétés OGM », explique Charles Grange, « Global coton business manager » chez Bayer Bioscience. Depuis cette année, le groupe commercialise aussi un coton intégrant un évènement de transformation « maison », le Liberty Link, qui lui confère la résistance à l’herbicide Liberty de Bayer. Ce serait, d’après Bayer, un succès. Au Canada, le groupe s’est octroyé un quart du marché du canola (colza alimentaire) avec les variétés Liberty Link. Le coton et le canola sont à ce jour les seuls OGM commercialisés par Bayer Bioscience. En Europe, Bayer est leader du marché du coton en Espagne et en Grèce, seuls pays producteurs dans l’Union. Les variétés vendues sont conventionnelles. Pour le développement des variétés transgéniques, le groupe compte sur l’Inde, où il commercialisera dès l’an prochain un coton OGM sous licence Monsanto, et sur l’Amérique latine. Le groupe est présent au Mexique mais aussi au Brésil, dont l’attitude à l’égard des OGM est suivie avec attention.
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Une fibre qui ne se repasse pas
Pour l’avenir, Bioscience mise beaucoup sur le coton transgénique, qui représente à ce jour les deux tiers de ses ventes de coton et qui a constitué l’essentiel du « Science Forum » organisé à la suite de l’inauguration des installations de Gand. Les recherches portent sur les variétés résistantes aux insectes, mais aussi sur la qualité de la fibre. Il est question notamment de développer un coton qui n’aurait plus besoin d’être repassé. L’entreprise travaille également sur un colza dont l’huile aurait certaines propriétés en matière de santé. Bayer travaille aussi à la mise au point d’une pomme de terre de fécule à teneur en amidon élevée, pour l’industrie. Ces innovations pourraient aboutir d’ici 6 à 7 ans, voire plus. A plus long terme, Bayer prévoit la mise au point de plantes capables de synthétiser des médicaments. Mais, cette fois, aucun délai n’est avancé concernant leur mise au point.