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Lait/environnement Bel veut construire une filière laitière durable

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Le groupe laitier Bel renouvelle pour trois ans son partenariat avec le WWF. Il poursuivra ses efforts pour réduire son empreinte environnementale, notamment en agissant sur les filières de production locales.

Bel a annoncé le 20 septembre, au cours d’une réunion avec la presse, qu’il allait renouveler son partenariat avec le WWF. « Bel s’est engagé il y a trois ans dans un partenariat avec WWF et va poursuivre cette collaboration pour les trois prochaines années », a expliqué Magali Sartre, directrice RSE de Bel. Bel finance d’ailleurs le WWF dans le cadre de ce partenariat « pour un montant de 300 000 à 500 000 euros », a précisé Pascal Canfin, le directeur général de WWF France.

L’ONG accompagne Bel dans sa démarche environnementale. « Nous nous concentrons sur les 300 à 500 grandes entreprises qui contrôlent 70% de la demande mondiale de matières premières agricoles afin de rendre les marchés durables », selon Pascal Canfin. Pour y arriver, WWF accompagne les entreprises vers des modes de production moins lourds pour le milieu naturel.

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Dans le cas de Bel, l’idée consiste à privilégier trois axes de travail : l’accès aux bienfaits du lait, la mise au point d’emballages responsables et la recherche d'une production laitière durable. Pour produire du lait avec moins d’impact sur l’environnement, Bel a choisi d’agir sur l’alimentation des vaches, sachant que l’amont est responsable de la plupart des émissions de l’entreprise. « Nous travaillons sur les 20% de protéines végétales qui entrent dans le régime alimentaire des vaches et qui sont constitués de tourteaux de soja et de palmiste » explique Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation de WWF  France. Or, ces deux cultures sont responsables de la déforestation en Amérique du sud pour le soja et en Asie du sud-est pour le palmier à huile. L’option retenue consiste à compenser l’impact environnemental en achetant des certificats RTRS (tourteau de soja) et RSPO (tourteau de palmiste PKE) correspondant à la consommation de ces produits. Ce sera notamment le cas à partir de cette année pour 100% des volumes. En termes de budget, Bel a indiqué qu’il consacrait 300 000 euros en 2016 pour l’achat de ces certificats RTRS et RSPO. Une partie des fonds est orientée vers la mise sur pieds d’une filière de production de soja et de PKE certifiées responsables.

Pour les années 2016 à 2019, Bel va poursuivre ses efforts en privilégiant une approche locale : encourager le pâturage local dans les région de tradition pastorale afin de lutter contre la réduction des surfaces, favoriser l’alimentation locale des vaches, notamment par la réduction de la part du soja et accompagner le développement des fermes pilotes durables dont le contenu reste à définir. Trois pays seront concernés, représentant 75% des volumes de lait collecté par Bel : la France, les Pays-Bas et la Slovaquie. Pour ces ces axes de travail, Bel ne se fixe pas d’objectif quantitatif. En termes de coût, Antoine Fiévet, p.-d.g.du groupe Bel, précise que « le groupe Bel consacre plusieurs millions d’euros chaque année à la réduction de son empreinte environnementale ». Il s’est dit « convaincu que cet investissement aura un retour », en soulignant quil s’agissait « de démarches sur le long terme ». A l’échelle du groupe, d’ici 2025 (par rapport à 2008), Bel compte réduire de 40% sa consommation d’énergie, de 80% sa consommation d’eau et de 70% ses émissions de carbone (à la tonne produite).