Le groupe de spiritueux français Belvédère a été placé sous procédure de sauvegarde pour un délai de six mois renouvelable qui lui permettra de procéder à sa restructuration financière tout en poursuivant son activité. Le rachat de titres d’autocontrôle et l’exigibilité du remboursement d’une dette de 375 millions d’euros mettent à mal le groupe français, numéro quatre mondial de la vodka et propriétaire de la maison Marie Brizard.
Le groupe de vins et spiritueux Belvédère a demandé à bénéficier d’une procédure de sauvegarde « afin de disposer du temps nécessaire à la réussite de sa restructuration financière », a indiqué en fin de semaine dernière le propriétaire de Marie Brizard (Manzanita, Curaçao Bleu), de whiskys (Glen Roger’s, William Peel) et de vodkas (Sobieski, Danska).
Cette procédure, assortie de la nomination d’un administrateur judiciaire, Maurice Picard, « a pour effet immédiat de protéger pendant cette période le patrimoine du groupe des effets de l’exigibilité anticipée des dettes », a précisé Belvédère.
La société a expliqué que certains de ses créanciers souhaitaient un remboursement anticipé d’un emprunt (une obligation à taux variable), d’un montant total de 375 millions d’euros.
Pour Belvédère, qui ne dispose que de 135 M EUR de trésorerie, la procédure de sauvegarde crée « un cadre juridique adapté à sa restructuration financière (cession d’actifs et/ou reclassement de l’autocontrôle et/ou adossement à un partenaire financier ou industriel) ».
Cette annonce intervient quelques semaines après que le cabinet KPMG ait mis en cause la situation financière de Belvédère, qui n’avait pas tenu en 2007 l’un de ses engagements vis-à-vis de ses créanciers. L’engagement consistait à ne pas racheter plus de 10% de ses propres actions, afin de ne pas dégrader sa trésorerie. Or, l’audit de KPMG a montré que l’entreprise avait dépassé ce seuil, tout en reclassant une partie des actions dans une sous-filiale. Les conséquences du non-respect de cette clause peuvent entraîner une demande de remboursement anticipé de l’emprunt de 375 millions d’euros. Jacques Rouvroy, p.-d.g. du groupe, avait alors reconnu le problème soulevé par KPMG, mais avait affirmé qu’il s’agissait d’un «manquement mineur».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Il avait en outre confirmé que son groupe était à la recherche d’un investisseur ou d’un industriel pour entrer au capital, une participation qui pourrait s’élever à 15%, voire à un tiers de son capital aujourd’hui contrôlé à hauteur de 24 % (et 34 % des droits de vote) par Jacques Rouvroy et Christophe Trylinski.
Prochaine reprise des cotations
La cotation de l’action Belvédère est suspendue depuis le 20 juin, où elle a perdu 30% de sa valeur.
Belvédère a indiqué que la cotation allait reprendre « très prochainement et au plus tard » le 8 août, date d’une assemblée générale extraordinaire fixée pour la nomination d’un nouveau commissaire aux comptes. L’« activité se poursuivra normalement pendant toute cette période », a précisé le groupe « à l’attention de ses salariés, fournisseurs, clients et autres partenaires ».
Présent dans plus de 130 pays, Belvédère employait 4.341 salariés à fin 2007 et affirme disposer « de moyens financiers pour financer son exploitation et poursuivre sereinement son développement pendant » la période de sauvegarde.
Au premier trimestre, il a réalisé un chiffre d’affaires de 166,1 millions d’euros pour un résultat d’exploitation de 6,5 millions et prévoit pour 2008 des ventes de 1,2 milliard d’euros et un résultat d’exploitation de 60 millions. Au 31 mars 2008, il était endetté à hauteur de 564 millions d’euros et disposait d’une trésorerie de 135 millions.