Bruno Le Maire a réaffirmé devant plusieurs organisations sa volonté d’interdire l’E171 connu sous le nom de dioxyde de titane, conformément à la position du gouvernement et aux dispositions votées par le Parlement dans l’article 53 de la loi Egalim.
Plusieurs organisations qui pressaient le ministère de l’Économie de suspendre le dioxyde de titane ou E171, un additif alimentaire controversé, en prenant l’arrêté ministériel nécessaire, ont finalement obtenu gain de cause. Bruno Le Maire qui les a reçus à Bercy (*) le 11 janvier 2019 s’est en effet engagé à suspendre, à la mi-avril, l’utilisation du dioxyde de titane (TiO2) comme additif alimentaire.
En juin, les confiseurs français s’étaient engagés à bannir l’usage de cet additif et dès l’automne, cette suspension avait été votée par les parlementaires, mais Bercy tardait à rédiger un arrêté, au grand dam de plusieurs instances. Cette substance qui contient des nanoparticules, est utilisée pour blanchir les produits alimentaires notamment, mais aussi des cosmétiques et des médicaments, des produits qui ne sont pas concernés par la loi… En France, outre les bonbons, le E171 est utilisé dans la production de desserts et crèmes glacés, de produits de boulangerie et pâtisserie, de biscuits, de gâteaux, de tablettes de chocolat, des plats préparés, etc.
Cette fois, le ministre de l’Économie et des Finances a donc réaffirmé sa volonté d’interdire l’E171, conformément à la position du gouvernement et aux dispositions votées par le Parlement dans l’article 53 de la loi Egalim sur l’alimentation. " Afin de réunir les conditions juridiques nécessaires à cette interdiction, il demande donc à l’Anses d’accélérer ses travaux sur les nanoparticules sur le volet TiO2 pour le 15 avril, afin de mettre à jour sa précédente évaluation sur la base des nouvelles études disponibles", est-il précisé dans un communiqué du ministère.
Un engagement salué par Agir pour l’environnement, Foodwatch et Générations futures, dans un communiqué conjoint. "Le ministre a reconnu l’importance de mettre en œuvre le principe de précaution pour protéger la santé des concitoyens et concitoyennes", poursuivent les trois associations.
Des entreprises déjà engagées
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Plusieurs entreprises ont déjà communiqué autour du dioxyde de titane pour informer les consommateurs de la suppression de cet additif de leurs recettes ou de leurs rayons, à l’image de Malabar, de Carambar and Co ou encore de Picard et William Saurin, mais aussi Carrefour, Super U, Leclerc… De son côté, le groupe Mars a investi dans son usine alsacienne (production de M&M’S), principalement pour supprimer le dioxyde de titane de ses produits "d’ici mi-2020". Quant à Sainte-Lucie, elle indique ne "pas avoir attendu la loi agriculture et alimentation, votée en septembre, pour s’engager dans une démarche responsable depuis plusieurs années". Le spécialiste des épices et aides aux desserts a entrepris dès 2017 un important travail de sourcing et de recherche & développement pour supprimer les E171, E172 et E551 de tous ses produits. "Quinze nouvelles recettes ont été mises au point afin de proposer des alternatives" à ces additifs, indique encore l’entreprise familiale.
(*) Les associations reçues à Bercy étaient Foodwatch, Sciences citoyennes, Générations futures, Agir pour l’environnement, l’Institut national de la consommation (INC), l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLVC), France nature environnement, et l’association Léo Lagrange, en présence de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire et de l’environnement (Anses).