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Agriculture et biodiversité Besoin d’aides sur l’ensemble du territoire pour protéger la biodiversité

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En dehors des zones naturelles exceptionnelles de type Natura 2000, l’agriculture manque de moyens financiers et techniques pour préserver la biodiversité. Telles sont les conclusions de la journée nationale agriculture et biodiversité organisée le 17 novembre par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture.

Les démarches favorables à la biodiversité sur les exploitations agricoles ne sont pas assez rémunérées par la politique agricole actuelle, ont convenu les intervenants de la journée nationale agriculture et biodiversité, organisée par les chambres d’agriculture (APCA) mercredi 17 novembre à Paris. En effet, ces efforts ne peuvent, la plupart du temps, être soutenus par des mesures agro-environnementales (MAE) que dans les zones protégées de type Natura 2000. « On ne peut pas soutenir les initiatives en dehors de ces parcelles spécifiques, ce qui empêche une réflexion à l’échelle de toute l’exploitation », a regretté Jean-Yves Vansteelant, animateur du parc naturel régional du Haut Jura. La prochaine réforme de la Pac pourra peut-être apporter des solutions pour se préoccuper de cette biodiversité dite commune. « Les MAE territoriales concernent trop souvent la nature extraordinaire, il ne faut pas exclure les grandes exploitations – céréalières notamment », propose Christophe Urbaniak, président de la fédération régionale des chasseurs de Champagne-Ardenne.

Préservation contre gestion

Pourtant sur cette question de biodiversité une fracture existe entre les exploitations extensives, notamment d’élevage, et les entreprises agricoles plus intensives. En zones de handicap naturel, biodiversité et agriculture sont très intimement liées. L’élevage permet de maintenir des milieux ouverts par exemple. « En 50 ans, nos études montrent que sur le Languedoc Roussillon les surfaces herbacées sont passées de 60 à 30% et ont été remplacées par des bosquets », explique Marc Dimanche, conseiller à la Chambre d’agriculture du Languedoc-Roussillon. « Aujourd’hui nous sommes obligés d’installer des éleveurs pour reconquérir ces milieux. Cela permet par exemple de fixer les mouflons qui préfèrent ces zones ouvertes plutôt qu’ils descendent dans les vignes où ils font des dégâts », raconte-t-il. Et de résumer : « Les concepts de nature, qui se rapporte à la préservation, et de biodiversité, plus proche de la notion de gestion, sont différentes ».

Besoin de référentiels

« Ce qui fonctionne, ce sont les MAE co-construites localement avec la profession agricole », explique Hervé Coquillart, directeur du conservatoire Rhône-Alpes des espaces naturels. Et pour que l’ensemble des productions puissent s’inscrire dans des démarches de protection de la biodiversité, « nous devons créer des référentiels pour être crédibles devant les agriculteurs », rappelle Delphine Breton, conseillère en biodiversité à la Chambre d’agriculture de Vendée. A terme, « l’objectif est de mettre au point des systèmes qui valorisent la biodiversité sans avoir à investir d’argent ou de temps supplémentaire », souligne-t-elle. Le président de la FDSEA du Vaucluse, André Bernard, propose quant à lui qu’un agriculteur qui réalise un investissement favorable à la biodiversité puisse « le déduire de sa déclaration d’impôt ». « Notre agriculture n’est pas soutenue par la Pac ou très peu – nous ne faisons pas de grandes cultures ! –, il faut donc que l’on trouve des moyens de valoriser nos pratiques », défend-t-il. Mais même si certaines formes d’agriculture permettent déjà de préserver la biodiversité dans l’ensemble, le secteur doit faire des efforts : depuis 1970 les populations d’oiseaux nicheurs ont chuté de 40% dans le milieu agricole. C’est pourquoi Guy Vasseur, président de l’APCA, a tenu à souligner le manque de « commande publique, claire et de long terme » à la recherche française dans ce domaine.

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