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Truc et astuce Besoin d’un haras pour un tournage ? Le ministère de l’Agriculture loue

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Les administrations attirent tournages et événementiel afin de récupérer de l’argent bienvenu en période de crise, mais aussi pour valoriser leur image. Parmi les sites plébiscités, les haras nationaux sous la double tutelle du ministère de l’Agriculture et du ministère des Sports.

Les administrations sont passées d’une démarche d’autorisation de location au coup par coup à une politique volontariste d’ouverture. Ainsi, « 2012 a été une année exceptionnelle avec 494 tournages de films et téléfilms accueillis dans les sites publics, contre 48 en 2009 », a indiqué le 19 mars, devant la presse, Danièle Bourlange, directrice générale de l’Apie, l’Agence du patrimoine immatériel de l’Etat. Cette structure « sans équivalent dans le monde », créée en 2007, a pour objectif de « tirer le meilleur parti » des actifs de l’État (bâtiments mais aussi savoir-faire) « au bénéfice de la collectivité ». Cela va de la création de grilles de tarifs homogènes pour louer tout ou partie de sites ministériels ou préfectoraux, à la sensibilisation des personnels à l’accueil des tournages et événements. L’an dernier, « quelque 10 millions d’euros » ont ainsi été récoltés par les sites suivis par l’Apie. De quoi permettre notamment des rénovations de locaux et des achats de matériels.

Le manège couvert à 490 euros/jour

L’Apie vient de sortir un catalogue d’une cinquantaine de sites, spécialement dédié aux organisateurs d’événements, consultable sur internet. Et parmi les sites plébiscités, sept haras nationaux qui dépendent notamment du ministère de l’Agriculture, font bonne figure. Entre une journée de tournage dans la salle des pas perdus du Palais de justice de Paris à 3 650 euros et un cocktail de 1 000 personnes au même endroit évalué autour de 40 000 euros, les haras affichent eux des prix nettement plus modestes. Reste que « l’image du cheval plaît beaucoup », confie Jérôme Mouret du haras national d’Aurillac, dont le carnet des réservations ne désemplit pas. La société Mercedes Benz a loué récemment le site de 17 hectares pendant trois jours, pour la somme totale de 2 900 euros. Pour une salle de réunion, il faut compter environ cent euros. L’endroit, dédié au cheval d’attelage, reçoit également des conférences et des cocktails. Mais, construit seulement depuis 1983, il ne dispose pas du cachet historique tant recherché, regrette son administrateur.

Pour un cocktail, un tournage de film ou un mariage

Ce qui n’est pas le cas du haras national de Pompadour (en Corrèze), dont la forteresse féodale date du XVe siècle. Château, terrasse de château... « nous mettons différents sites à disposition », indique son responsable. La location du manège couvert qui peut accueillir jusqu’à 500 personnes assises ou 250 couverts pour des cocktails ou des dîners, est évaluée à 490 euros la journée (la salle seule). Le haras reçoit également des entreprises, organise des spectacles et a même failli, il y a deux ans, être choisi pour le tournage d’un film. Un sort qu’a connu celui du « Lion d’Angers » ou encore celui « du Pin », dans l’Orne, où l’écuyer et metteur en scène Bartabas a tourné son premier film. D’autres accueillent plus simplement des mariages et des baptêmes. C’est le cas de celui de Rosières-aux-Salines (en Meurthe-et-Moselle). Sa sellerie, qui peut accueillir jusqu’à 50 personnes, est à louer à 58,50 euros par jour. Un évènement à faible coût dans l’un des plus anciens haras de France, où s’organisent parfois aussi des garden party dans la cour d’honneur.

Une bonne image

Une journée de tournage « rapporte en moyenne 2 500 euros », précise André Etancelin, en charge des relations extérieures de l’Apie. Les 109 événements qui ont eu lieu dans les ambassades et consulats français ont eux rapporté 800 000 euros l’an dernier, poursuit-il, contre 279.000 euros pour les 33 tournages dans les hôpitaux parisiens notamment. Des sommes bienvenues en période de disette budgétaire, mais aussi en termes d’image : pour les agents administratifs qui « peuvent en tirer une certaine fierté », selon la directrice de l’Apie, et pour les régions avec un impact favorable sur l’emploi, comme pour notamment le haras de Rosières-aux-Salines qui vient de recruter une personne dédiée à la location du site.

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