« Accélérer l’innovation betteravière » : tel est l’objectif affiché en assemblée générale par la CGB (betteraviers, FNSEA). Le syndicat a remis à Julien Denormandie un livre blanc « pour consolider les perspectives betteravières ».
« La CGB porte une ambition forte d’accélération de l’innovation dans son secteur sous toutes ses formes, qu’elle soit contractuelle, agronomique ou pour répondre aux enjeux climatiques et de biodiversité », a déclaré son président Franck Sander, en assemblée générale, le 9 décembre. Vingt propositions figurent dans son livre blanc « Betteravier 2030 ».
Le chapitre sur l’innovation met en avant le PNRI (plan national d’innovation et de recherche), doté de 7 M €, « vers des solutions opérationnelles contre la jaunisse ». Avec l’idée de le dupliquer pour le charançon, autre fléau de la betterave. « La mise en place du PNRI avec une trentaine d’acteurs de la recherche publique et privée, avec des axes de travail à 360°, doit constituer un modèle quant à notre stratégie de recherche agricole », a estimé Franck Sander. D’ici 2023, ce plan jaunisse doit trouver des alternatives aux insecticides néonicotinoïdes pour ne pas revivre 2020 et ses 750 M € de pertes dans la filière. La CGB réclame maintenant un PNRI charançon. Cet insecte, qui occasionne « des pertes de rendement jusque 50 à 60 % », remonte vers le nord et concernera toute la France dans « trois ou cinq ans », a alerté le 9 décembre Alexis Hache, président de la commission Environnement.
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La « formidable opportunité » du bas carbone
Le livre blanc avance des propositions sur la bioéconomie et le bas carbone. En tête, il y a la promotion d’un crédit carbone agricole made in France. La filière des grandes cultures, qui dispose depuis peu d’un label bas carbone, est « en mouvement pour faire émerger un modèle économique carbone vertueux pour nos exploitations », a salué Franck Sander. Et d’inviter « nos grandes entreprises à relocaliser en France leurs achats de crédit carbone. Plus de 90 % des compensations carbone sont importées. Cela ne peut pas durer ! » Un point de vue qu’est venu appuyer le ministre de l’Agriculture. L’émergence d’un marché du carbone représente « une formidable opportunité », a souligné Julien Denormandie. Reste à voir si les industriels compenseront leurs émissions de gaz à effet de serre en achetant « le bon carbone agricole », en France pas en Amérique du Sud, a-t-il considéré.
Troisième chapitre du « Betteravier 2030 » : la gestion des risques. La CGB souhaite en premier lieu « des contractualisations associant l’ensemble de la chaine de valeur, tel que prôné par la loi Egalim 2 ». « Faute de bénéficier d’un marché à terme européen qui pourrait mieux structurer notre contractualisation amont/aval, la loi Egalim 2, dans laquelle la filière est aujourd’hui inscrite, doit constituer une opportunité », a insisté Franck Sander.