Beurlay, spécialiste de la galette charentaise, a changé de mains l'an passé. La PME, reprise par Laurent Boutard et son épouse, anciens distributeurs, investit actuellement 1,2 million d'euros dans son outil industriel. Elle a revu ses produits et son dispositif commercial pour alimenter la croissance.
Laurent Boutard et son épouse, Christine, ont repris la Pâtisserie Beurlay à Michel Martineau l'an passé, avec l'ambition de lui donner un nouvel élan. Relocalisation des approvisionnements, refonte de l'offre produits et des packagings, investissement dans l'outil de production et renforcement des équipes commerciales ont déjà commencé à porter leurs fruits sur le développement de l'activité de la PME spécialiste de la galette charentaise. Beurlay, qui emploie 31 personnes, a réalisé 2,8 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014 et devrait terminer l'année 2015 sur 3 millions d'euros. Pour 2016, Laurent Boutard prévoit une croissance des ventes de l'ordre de 10 %. « Nos produits sont présents à l'échelle régionale, et nous voulons étendre leur diffusion le long de l'arc atlantique. Nous avons donc pris des agents commerciaux sur les zones où nous voulons renforcer notre présence », explique ce dernier.
RELOCALISATION DES APPROVISIONNEMENTS
Pour accompagner le développement, Beurlay investit 1,2 million d'euros sur 2015/2016 dans un agrandissement de son site. 700 m2 ont été construits, portant ce dernier à plus de 4 000 m2, pour augmenter la surface de stockage et celle de l'atelier de conditionnement. Environ la moitié de l'enveloppe est destinée à l'achat de matériel.
Tous ces projets s'appuient sur une offre rénovée en profondeur. « Nos approvisionnements en matières premières sont désormais tous français, et même régionaux, à l'exception du sucre. Nous avons obtenu le label Origine France Garantie, qui nous semble important pour des produits régionaux », explique Laurent Boutard.
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RÉNOVATION DU PORTEFEUILLE PRODUITS
Une quinzaine d'innovations ont été lancées cette année, notamment la gamme Ti'Beurlay, à destination des enfants, avec des produits au parfum de bonbon fraise ou encore au caramel. La traditionnelle galette charentaise a suivi une sévère cure d'amaigrissement en passant de 450 à 250 grammes. « Nous sommes restés sur la même recette, avec un format plus adapté aux habitudes de consommation, et un prix plus accessible », explique Laurent Boutard. Les packagings aussi ont été totalement revus, afin de séduire une clientèle plus jeune et les touristes de passage. « Ces changements perturbent un peu nos consommateurs fidèles, mais il était nécessaire de rajeunir notre cible », témoigne le dirigeant. Beurlay, qui produit également à façon des biscuits hyperprotéinés vendus en pharmacie sur prescription médicale, entend garder une répartition équilibrée de ses ventes. La GMS est son premier client (40 % des ventes), suivie par le secteur de la nutrition médicale (30 %). Le reste du chiffre d'affaires est réalisé dans la boutique historique de l'entreprise, à Beurlay (20 %) et en CHR, auprès de comités d'entreprise et de quelques grossistes (10 %). « Nous allons aussi développer un vrai site marchand, élargi à d'autres produits régionaux que nous vendons déjà dans notre boutique », explique Laurent Boutard. En attendant, peut-être, un projet de boutique physique dédiée aux produits régionaux.
La distribution, Laurent Boutard connaît bien. Avec son épouse, il a géré pendant plus de vingt ans son point de vente à Saint-Léonard-de-Noblat (87), en tant qu'adhérent Intermarché puis franchisé Carrefour. En 2012, le couple cède son affaire et se met à la recherche d'une PME agroalimentaire à reprendre. « Nous voulions retrouver de l'indépendance, exercer notre vrai métier de chef d'entreprise », témoigne l'in-téressé. Leur choix se porte sur Beurlay, qui compte deux fois moins de salariés que le supermarché qu'ils ont cédé, parce qu'ils voient de vraies opportunités de développement pour l'entreprise. Désormais fournisseur des distributeurs, Laurent Boutard relativise : « Il y a un rapport de force comme dans toute négociation, mais la grande distribution a une écoute adaptée par rapport à la petite PME que nous sommes. »