De nombreux eurodéputés ont montré leur désapprobation concernant le transport d’animaux vivants sur de longues distances et ont appelé dans ce sens à la modification de la législation en vigueur, à l’occasion d’un débat portant sur les « conditions de bien-être des animaux pendant le transport vers les pays tiers » le 17 décembre au sein du Parlement européen. La Commission européenne a de son côté assuré que le bien-être des animaux sera bien à l’ordre du jour de sa nouvelle stratégie de la « fourche à la fourchette ». Le Conseil de l’UE a, lui aussi, adopté des conclusions sur le bien-être animal le 16 décembre appelant à un renforcement de la législation en la matière.
À l’occasion d’un débat organisé le 17 décembre au sein du Parlement européen, portant sur les « conditions de bien-être des animaux pendant le transport vers les pays tiers », certains eurodéputés ont appelé à modifier la législation européenne en interdisant le transport d’animaux vivants ou à le remplacer par le transport de carcasses et de viande chaque fois que cela est possible. D’autres souhaiteraient limiter la durée et la distance des trajets, tant au sein de l’UE qu’à l’étranger. Et certains ont insisté sur le fait que les transports vers des pays tiers ne devraient pas être autorisés tant que l’application de règles communautaires strictes ne peut être garantie. Des positions défendues après le fait divers survenu en mer Noire dans le port roumain de Midia où plus de 14 000 moutons sont morts noyés dans le navire qui les transportait à destination de l’Arabie Saoudite le 24 novembre dernier (1).
Le bien-être des animaux au programme du Green deal
Au regard de cet événement, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, a assuré devant les eurodéputés présents lors de ce débat, que le bien-être des animaux sera considéré comme un aspect important de la stratégie de la « fourche à la fourchette » qu’elle présentera au printemps 2020 dans le cadre du Green deal européen. Sur le même sujet, le commissaire de l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a expliqué devant la presse dans le cadre du Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE le 16 décembre à Bruxelles, qu'« il est important de promouvoir à l’échelle de l’UE des chaînes de transport plus courtes qui permettent de réduire les distances parcourues entre les lieux d’élevage et d’abattage. Pour s’assurer que les durées de transport soient moins longues, il faudra améliorer et renforcer rapidement le régime de suivi et de contrôle des États membres ». Par ailleurs, le Conseil de l’UE a adopté des conclusions le 16 décembre (2) dans lesquelles il invite notamment la Commission à élaborer une nouvelle stratégie de l’UE pour la protection et le bien-être des animaux, fondée sur les enseignements tirés de la mise en œuvre de la stratégie 2012-2015. Il recommande également d’actualiser la législation en vigueur en matière d’abattage et de transport d’animaux sur de longues distances, d’élever les normes de bien-être animal ou encore d’entreprendre des actions de communication et d’éducation à l’intention du public concernent la santé animale, la sécurité alimentaire et la viabilité du secteur agroalimentaire.
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(1) Voir n° 3719 du 02/12/2019
(2) Voir n° 3720 du 09/12/2019