Les organisateurs de l’initiative citoyenne européenne demandant la fixation d’une date à partir de laquelle l’élevage d’animaux en cage serait interdit dans l’UE ont pu présenter le 15 avril leur revendication devant le Parlement et trois commissaires européens (Agriculture, Santé, Transparence). Bruxelles prépare une révision de la législation sur le bien-être animal qui pourrait tenir compte de certaines de ces demandes.
Les organisateurs de l’initiative citoyenne européenne End the Cage Age, validée en octobre 2020 par la Commission européenne après avoir recueilli près de 1,4 million de signatures dans 18 États membres afin d’interdire l’élevage d’animaux en cage dans l’UE (1), ont pu présenter le 15 avril leurs revendications devant les commissions du Parlement européen de l’Agriculture et des pétitions. Portée par plus de 170 organisations, cette initiative demande que l’UE interdise l’utilisation des cages pour l’élevage des poules pondeuses, les lapins, les poulettes, les poulets de chair reproducteurs, les poules pondeuses reproductrices, les cailles, les canards et les oies ; de loges de mise bas pour les truies ; de stalles individuelles et d’enclos individuels pour les veaux. « Il faut décider d’une date butoir, avec certes une période transitoire, à partir de laquelle l’élevage en cage ne sera plus possible dans l’UE », a résumé Léopoldine Charbonneaux directrice de l’ONG CIWF France (Compassion in World Farming).
La question des importations
Une demande à laquelle la Commission européenne semble adhérer. Le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski qui participait à l’audition avec deux autres de ses collègues (Stella Kyriakides pour la Santé et Vera Jourova pour la Transparence) a confirmé le « plein soutien de la part de la Commission européenne pour mettre en place ce processus de transformation ». La Commission européenne est en train de mener une évaluation de l’ensemble de la législation de l’UE sur le bien-être animal (condition d’élevage, transport…) en vue d’une révision des textes en vigueur (2). Mais elle ne s’engage absolument pas à ce stade à fixer une quelconque date à partir de laquelle ce type d’élevage serait interdit. Pour Janusz Wojciechowski, il faudra de toute façon que des mesures incitatives soient mises en place « pour convaincre les agriculteurs de se tourner vers des méthodes d’élevage plus respectueuses du bien-être animal ». Il espère que « l’on verra dans les futurs plans stratégiques de la Pac ce type de mesures (à travers les éco-régimes ou le développement rural) qui permettront de faire évoluer les choses ».
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Car au-delà d'une période de transition suffisamment longue et de mesures d’accompagnement, de nombreux – si ce n’est tous – membres de la commission de l’Agriculture ont aussi prévenu qu’il serait indispensable d’imposer ces normes de bien-être aux produits venant de pays tiers sans quoi les producteurs européens seront menacés par la concurrence de ces importations.