Le bien-être animal –préoccupation au demeurant justifiée– ne doit pas envahir la législation communautaire au point d’entraver et de rendre moins compétitif le secteur européen de l’élevage. À quelques exceptions près, les Etats membres de l’UE veulent maintenant éviter que Bruxelles en fasse trop, sans motivation scientifique solide ni analyse sérieuse des conséquences socio-économiques des mesures envisagées. La France, notamment, s’est montrée très virulente sur ce point. Lors de leur prochaine réunion, les ministres auront un débat «public» sur le plan concernant ces questions, soumis par la Commission européenne pour la période 2006-2010. Ce débat pourrait être suivi d’un échange de vues sur la proposition de directive pour la protection des poulets de chair, qui est sur la table depuis plus d’un an. Une bonne occasion de faire sérieusement le point, même si la publicité du débat risque de pousser certains intervenants à adopter une posture plutôt qu’à dévoiler leur position réelle.
Les conclusions que la présidence autrichienne veut faire adopter par les Vingt-cinq sont, selon le projet sur la table, d’une extrême prudence, soulignant la nécessité de ne pas légiférer à tour de bras. De même, les travaux menés par les experts depuis de longs mois sur la protection des poulets de chair devraient déboucher sur une directive dont les dispositions ne seront que très graduellement mises en œuvre, après étude de différents indicateurs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Si, encore une fois, le bien-être animal est une juste cause, tout le problème est de trouver un juste milieu qui, en tant que tel, ne satisfera de toutes façons ni les défenseurs de la cause ni les professionnels de la filière.