Les Cassandre le disent avec force logique : la crise financière ne sera pas sans rejaillir négativement sur l’économie réelle, jusques et y compris lorsqu’elle sera calmée. Raison de plus pour saluer, à l’occasion du rachat d’Absolut par Pernod Ricard, un démenti tout à fait rare qu’inflige à ce pronostic une entreprise agroalimentaire française.
En d’autres temps, pas si éloignés, on aurait vu quantité de fonds d’investissement faire monter les enchères et peut-être l’emporter sur une solution industrielle aussi solide et durable que celle qu’offre Pernod Ricard au gouvernement suédois.
Pénalisé comme tout groupe européen par la politique de l’euro fort, le groupe tricolore a pu (et su) jouer le bon côté de la médaille puisque deux de ses compétiteurs étaient américains et il a même fait libeller une bonne part de son achat et de son supplément de dette en dollars. A l’heure du rationnement du crédit, il ne fait même pas appel à la bourse mais réussit à convaincre six des plus grandes banques de lui prêter à bon compte. Sûres qu’elles sont, de par l’expérience des rachats de Seagram et d’Allied Domecq, d’être remboursées plus vite que prévu ? Insensibles en tout cas au mouvement premier, plutôt négatif, des agences de notation.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le ralentissement de l’économie américaine, qui à d’autres donne des sueurs froides, semble au contraire donner des ailes au nouveau co-leader mondial qui d’un seul coup acquiert une position digne de son rang sur le premier marché des spiritueux.
En termes de stratégie, c’est un coup de maître et un exemple, mais difficile à suivre…